Durant l’affaire Dreyfus un dessin de presse s’amusait d’un repas de famille. A gauche les membres de la famille sagement assis autour de la table. A droite, les mêmes, mais en format pugilat. Une légende : Ils ne voulaient pas en parler, mais ils en ont parlé… Avec l’affaire Cantat, l’émotion est quasi aussi puissante. Et les discussions tournent souvent au pugilat. Autopsie d’une polémique incessante et symptôme d’une société malade. Sans pugilat.
Prendre de la hauteur. C’est – pour Ernest – l’un des rôles des médias. Se faufiler dans le gris du monde plutôt que de noircir le noir ou d’éclaircir le blanc. S’intéresser au complexe plutôt qu’au simpliste. Nous le faisons quotidiennement. Sur le transhumanisme, sur le journalisme ici ou là, ou encore sur les questions de harcèlement et de nouveaux rapports femmes-hommes (plusieurs articles là, là ou encore là notamment). Une question nous a taraudé : est-il possible de le faire, aussi sur la question “Bertrand Cantat”. Est-il possible de poser cette question tranquillement, en profondeur, sans passion irraisonnée ?
Après les récentes polémiques pour savoir si Cantat avait le droit de revenir sur scène et si des gens avaient le droit d’aller le voir en concert, un sentiment d’étrangeté est apparu. Ainsi, en France, pays des droits de l’Homme, pays de Montesquieu et pays de droit, il ne serait pas possible pour un condamné de revenir et de vivre à nouveau. La vindicte du tribunal populaire sur les réseaux sociaux et dans les médias a pris une ampleur phénoménale. Pour ne pas être accusé de jeter de l’huile sur le feu et débattre sereinement, Ernest a laissé passer un peu de temps. Surtout, Ernest a été à la rencontre d’une journaliste qui ne s’est pas contenté de juger à l’emporte pièce, mais qui a fait un livre d’enquête sur les fans de Cantat. Sur ce qui les motivaient et aussi sur ce qu’ils ressentaient – aujourd’hui – après le drame de la mort de Marie Trintignant en 2003 à Vilnius suite aux coups que Cantat lui avait portés. Pouvaient-ils encore aimer cet artiste ? A-t-il le droit – ayant purgé sa peine – de chanter à nouveau ? Plus profonde encore est la question qui revient aujourd’hui à l’aune de la libération de la parole autour des hastag #balancetonporc et #metoo : applaudir Cantat est-ce cautionner son crime ? Toutes ces questions, tout un chacun fan ou non fan, simplement citoyen d’un état de droit se les pose. Chacun y répond en conscience. L’Etat et la justice, eux, y répondent en droit. Par moments, ces réponses divergent. Mais faut-il pour autant remettre en cause la justice ?
Le livre « Bertrand Cantat – Nous les écorchés », rassemblant les témoignages de près de 300 fans recueillis par Faustine Sappa pendant la tournée de Détroit en 2014, est sorti fin 2015 aux éditions Camion Blanc. C’est une somme magnifique sur l’amour de la musique, sur l’amour du rock, mais aussi sur la place qu’un artiste peut avoir dans la vie des gens. C’est un livre dense qui pose toutes les questions. Un livre profond et loin des caricatures. Fait marquant : dans la polémique récente aucun média ne l’a cité, ni consulté. Étonnant. Depuis, il a donné naissance à la collection Paroles de fans, qui donne la parole aux passionnés de tous les artistes.
Sont parus jusqu’à ce jour les Paroles de fans : Benjamin Biolay, Muse, Guns N’ Roses, U2 et, ce mois-ci, Joy Division. Par ailleurs, Faustine Sappa, journaliste et directrice de collection anime la page Facebook “Bertrand Cantat – nous les écorchés – le livre” prolongement naturel de son enquête. Rencontre.
Qui sont les fans de Bertrand Cantat ?
En trente ans de carrière, Bertrand Cantat a su fédérer autour de lui toutes les générations. Dans le public des concerts, on trouve aussi bien des gamins de 13 ans que des personnes de 65 ans, ainsi que des quadra et quinqua, très bien représentés, avec une proportion hommes/femmes légèrement en faveur de ces dernières. On rencontre des « fans de la première heure » mais aussi des nouveaux conquis, notamment des jeunes d’une vingtaine d’années qui ont d’abord apprécié Détroit – le duo formé par Bertrand Cantat et Pascal Humbert en 2013 – avant de découvrir Noir Désir.
Quel que soit leur âge, la plupart d’entre eux affirment se reconnaître dans les blessures du chanteur et sans doute plus encore dans sa capacité apparente à les transcender, ce qui était déjà vrai parmi les fidèles de Noir Désir.

Faustine Sappa, journaliste, auteure de “Nous les écorchés”.
Bertrand Cantat est toujours apparu comme un personnage tourmenté, emporté par des torrents de passion, qu’elle soit amoureuse ou plus sombre, charriant ses idées noires. C’était d’autant plus criant dans les premiers albums de Noir Désir : la poésie et le rock adolescents du groupe résonnaient en miroir chez les adolescents de l’époque – les quadra d’aujourd’hui ! – les textes aux entrées de lecture multiples offrant une grande liberté d’interprétation et facilitant l’identification. Par la suite, notamment avec l’album 666.667 Club, les prises de position publiques du groupe, ajoutées à des textes de plus en plus engagés, ont attiré un autre public, sensible aux convictions affichées. Puis, avec l’album Des visages des figures, et surtout le tube « Le vent nous portera », Noir Désir a séduit un public bien plus large, ce « grand » public qu’il traitait dans sa jeunesse avec un certain dédain mais dont, en 2001, il acceptait volontiers les faveurs.
Avec les chansons de Détroit, après une absence de dix ans, le public a assisté à la révélation de l’homme faillible, suite à la chute de l’icône du rock français. L’identification n’en a été que plus évidente, la catharsis plus éclatante. De fait, Cantat draine un public d’écorchés – phénomène sur lequel il est parfaitement lucide d’ailleurs, pour en avoir discuté avec lui – voyant en lui un « phénix », mot très souvent employé, capable de renaître de ses cendres avec une puissance insolente.
Beaucoup se sont accrochés à cette béquille pour continuer à avancer et certains ont profité de cet exemple de renaissance pour entamer leur propre processus de libération d’une situation les faisant souffrir, y compris des personnes qui avaient aimé Noir Désir de loin jusqu’à présent et qui se sont rapprochés pour cette raison, et y compris des femmes victimes de violence. Bon ou mauvais exemple ? Peu importe. En 2014, la question ne se posait pas en ces termes, c’était à chacun de juger selon ses propres critères éthiques. Ainsi, dans le public, on trouvait aussi des déçus qui s’étaient détournés un moment de Noir Désir, refusant même de l’écouter le temps de faire leur deuil d’une certaine image de la rock star, mais qui, poussés par la curiosité, ont eu envie de voir ce que donnait sur scène le Cantat nouveau.
Que disaient-il de l’affaire pendant ton enquête ?
Exactement la même chose qu’aujourd’hui ! Du côté du public, le discours n’a pas changé d’un iota. C’est le contexte qui a changé, aujourd’hui en 2018. Plusieurs orientations se font jour dans les propos des fans. La plus répandue est qu’il faut séparer l’homme de l’artiste. Distinguer la lumière de l’œuvre de l’artiste de la part sombre de la réalité de l’homme, avec des exemples courants à l’appui, comme celui de l’écrivain Céline. Se rendre à un concert de l’artiste Bertrand Cantat n’induit pas qu’on pardonne les actes de l’homme et encore moins qu’on les applaudit. C’était déjà vrai en 2014.
A l’inverse, d’autres estiment qu’homme et artiste forment un tout indissociable et qu’il ne serait pas l’artiste qu’on applaudit aujourd’hui – chantant des textes bien plus personnels qu’à l’époque de Noir Désir – sans les faiblesses de l’homme. Autre discours qu’on retrouve couramment, notamment chez les femmes : pour eux, la soirée tragique de Vilnius n’a rien à voir avec les violences conjugales. Au vu des éléments dont on dispose, ils/elles l’interprètent comme un « coup de folie » qui n’a pas de précédent. Ils sont nombreux à témoigner d’un événement similaire ayant eu lieu dans leur vie, sans bien sûr de commune mesure avec les conséquences dramatiques de la nuit de Vilnius. Ils expliquent très clairement comment, dans une relation passionnée, le ton peut monter et entraîner des coups, donnés par l’un ou l’autre des protagonistes, d’ailleurs, hommes ou femmes. On peut ainsi lire des témoignages comme « moi aussi, par folie d’amour, j’en suis devenu violent. Bertrand Cantat est mon grand frère de douleur ».
Par ailleurs, des femmes victimes de violences régulières font la part des choses. D’un côté, celles qui décrivent le comportement du « cogneur » qu’elles ont dû affronter quotidiennement, parfois pendant des années, estiment qu’il n’y a aucune similarité avec celui qu’on connaît de Bertrand Cantat. De l’autre, celles qui affirment qu’une situation de violence induit une responsabilité partagée quant à la création des conditions qui ont conduit à cette violence, refusant obstinément de se poser en victimes. Et, parmi ces femmes, plusieurs affirment catégoriquement que Bertrand Cantat les a sauvées du suicide. En leur montrant que malgré l’horreur, on survit.D’autres, enfin, estiment qu’il est condamné à perpétuité à la culpabilité et qu’il a suivi les traitements psychologiques imposés – et qui s’imposaient – afin de ne pas récidiver. Et, bien sûr, qu’il a purgé sa peine et qu’il a le droit de reprendre son activité, comme c’est prévu par la loi, dans le cadre d’une réinsertion. Aucun d’entre eux n’a nié la gravité des faits ni cherché à dédouaner l’artiste de sa responsabilité dans ce drame.
Outre les fans tu avais aussi interrogé le magistrat qui avait accordé la libération conditionnelle à Cantat. Quels étaient ses propos ?

Le juge Philippe Laflaquière sur le plateau de C à vous France 5
Le juge Philippe Laflaquière a accordé la libération conditionnelle à Cantat en 2007. Lors de notre entretien il m’a donné clairement son point de vue de magistrat avec sa connaissance précise du dossier : « Même si l’on sait que la mort de Marie Trintignant ne résultait pas d’une intention homicide, et s’inscrivait dans un contexte passionnel exacerbé par une consommation excessive d’alcool et peut-être de stupéfiants, cela ne dispensait pas d’évaluer la dangerosité potentielle de Bertrand Cantat, ce qui s’est fait avec la réalisation de deux expertises, l’une psychiatrique, l’autre psychologique. […] Avant même de connaître les conclusions des expertises psychiatrique et psychologique, il était évident que Bertrand Cantat a immédiatement éprouvé, après ses actes, une culpabilité profonde, une souffrance réelle. […] J’ai rencontré un homme dévasté, ne comprenant toujours pas comment il avait pu en arriver à commettre de telles violences sur sa compagne. » En ce qui concerne le suicide de l’ex-femme de Cantat, Kristina Rady, les fans ne se risquent pas à une interprétation hasardeuse, qui serait construite uniquement sur des on-dit pour la plupart anonymes. La justice avait été saisie une première fois en 2013 et l’avocate féministe qui avait alors porté plainte contre X tente actuellement de relancer l’enquête. Mais tant que ce travail n’a pas été fait ni des conclusions rendues, aucune affirmation n’est possible. Le magistrat en parle en ces termes : « Sur ce drame, je ne peux que me référer à la position extrêmement digne et raisonnée des parents de Kristina Rady : considérant que les motifs d’un suicide sont toujours très complexes, ils se sont refusés à engager toute action judiciaire à l’encontre de Cantat. »
Pourquoi revenaient-ils le voir ?
Ou venaient-ils le voir ! Parmi les personnes que j’ai interrogées en 2014-2015, la moitié n’avait pas vu Noir Désir sur scène. Certains aimaient la musique du groupe sans forcément ressentir le besoin de le voir en live. Mais cette tournée en 2014, quelque part inespérée quand Cantat avait déjà été enterré artistiquement par une certaine presse, devenait l’occasion de voir ce qu’ils avaient raté à l’époque de Noir Désir. Le côté rare de la chose leur faisait dire qu’ils avaient l’impression de voler ces moments et les rendait d’autant plus précieux. C’est pour cette raison qu’un grand nombre de fans ont multiplié les dates, ne pouvant se résoudre à ce que le concert qu’ils vivaient soit le dernier. Pour beaucoup, la façon qu’il a eue de se relever force le respect. Le message qu’ils retiennent d’une phrase comme « on ne renonce pas » (« Droit dans le soleil ») est : on s’en sort. Il fallait absolument qu’ils voient ça de leurs propres yeux. Le revenant, le survivant. Il y avait aussi bien sûr, tout simplement, les retrouvailles après dix ans d’absence, et l’envie de montrer leur soutien au chanteur. Certains avaient vécu un vrai manque. Et voir Cantat chanter « Tostaky » vingt-cinq ans après avait un petit quelque chose de surréaliste. Cette tournée a été caractérisée par un foisonnement d’émotions mêlées, exacerbées par une longue attente. Il y eut beaucoup de pleurs. Il y eut surtout beaucoup de joie.
“On peut ne pas être fan mais trouver intolérable la manifestation autoritariste et hystérique de ce tribunal populaire entravant la liberté artistique, voulant se substituer à la Justice, sans plus donner de crédit aux jugements qu’elle a rendus, précisément au nom du peuple.”
Quelles sont les réactions de ces fans aujourd’hui sur les réseaux ?
Dans le contexte actuel, le débat s’est quelque peu déplacé. Il pose des questions plus larges autour de la réinsertion, de la liberté de création, de l’ingérence du politique dans la vie culturelle et également du féminisme. Le discours des fans reste identique, appuyé par les déclarations de différents spécialistes du droit, voire de la ministre de la Culture : oui, Bertrand Cantat a le droit de chanter. Par la force des choses, les fans se sont mis en ordre de bataille, exprimant leur soutien sans complexe, même avec fierté, inondant les réseaux de posts en faveur du chanteur, de photos, de vidéos… De nombreuses pétitions ont circulé pour revendiquer sa liberté de création, qu’elles soient des initiatives individuelles ou emmenées par les administrateurs du principal forum de fans sur Facebook, aujourd’hui associé à la page officielle de Bertrand Cantat. Forum qui, par ailleurs, a vu déferler de nombreux partages d’articles sur la polémique avant que la décision ne soit prise en haut lieu de supprimer systématiquement les posts ne parlant pas de musique…
Sur les réseaux sociaux, reflet outrancier du débat sociétal, on assiste à un clivage entre ceux qui réclament son retrait de la scène, ou du moins sa discrétion quant à la pratique de son art, et ceux qui défendent les valeurs de l’État de droit qui font (faisaient ?) de notre pays celui de la liberté, l’autorisant à se réinsérer dans les conditions normales de l’exercice de son métier. La défense principale est qu’il a purgé sa peine, point. Ça, ça ne change pas. Ce qui est nouveau, c’est que Bertrand Cantat a été contraint, sous la pression, d’annuler sa tournée des festivals (la salle L’Usine d’Istres a par ailleurs annulé son concert du 16 mars, pourtant programmé hors festival). De ce fait, les voix du public s’élèvent pour revendiquer aussi leur droit d’aller voir sur scène un artiste qui a le droit de s’y produire, et de payer pour ça.
Que disent les « non-fans » de la polémique actuelle ?
On a vu un certain nombre de posts mais aussi d’articles ou de billets de blogs commencer par « je n’en ai rien à foutre de Cantat
et de ce qu’il fait », voire « je n’aime pas Cantat », suivis de « mais… ». Certains ont également écrit qu’en se rendant à un concert de Cantat, ils avaient ressenti un certain malaise mais qu’ils savaient pourquoi ils étaient là : parce que Cantat est ce qui se fait de mieux en rock français aujourd’hui. On peut ne pas être fan mais trouver intolérable la manifestation autoritariste et hystérique de ce tribunal populaire entravant la liberté artistique, voulant se substituer à la Justice, sans plus donner de crédit aux jugements qu’elle a rendus, précisément au nom du peuple. Ce qui est troublant, c’est qu’en revenant en 2014 sous le nom de Détroit, Cantat n’avait pas eu à subir cette pression, à part sous la forme de quelques tribunes anecdotiques. Idem en 2016 avec la tournée de Condor Live, plus confidentielle, mais qui a tout de même rencontré son public, des dates ayant dû être ajoutées en 2017.
Là, pourtant, le nom de Cantat apparaissait sur les affiches, et cela n’a posé de problème à personne, à part évidemment à la famille de la victime, et ça personne ne peut le leur reprocher. Les chroniques qui ont été faites de cette performance n’ont jamais soulevé la question de la réinsertion. Elle était acquise. Alors que s’est-il passé ? Le contexte a changé. Notamment avec la révélation de l’affaire Weinstein, suivie de la propagation du hashtag Balance ton porc, stigmatisant la société en deux rôles prédéterminés : les bourreaux – les hommes ; les victimes – les femmes. Ce qui, à mon sens, n’est pas rendre service au féminisme, si l’on cherche à promouvoir un idéal d’égalité. Dans ce contexte, Bertrand Cantat, en revenant en son nom, a joué gros. La Une des Inrocks était peut-être une maladresse de communication, mais ce n’est pas à moi d’en juger. Les conséquences qu’elle a eues sont surtout la preuve d’une hypocrisie sans nom d’une société sans fond, qui se construit sur du virtuel et du viral.
Quel traitement est fait du public de Bertrand Cantat dans les médias et sur les réseaux ?

Des manifestants ont pris à parti les fans avant un concert à Montpellier
Le dialogue est difficile, voire impossible. Sur les réseaux sociaux, les snipers planqués à tous les coins de statut dégomment allègrement les fans de Cantat, les traitant de « psychopathes », « sociopathes », « complices » voire « collabos » puisqu’ils vont applaudir un tueur. C’est le jeu des réseaux sociaux, où la lâcheté et le manque de légitimité à s’exprimer sont érigés en mode de vie. Plus grave est le traitement qui a été fait du public de Cantat dans les médias. On a pu notamment assister à une scène délirante sur BFM TV. Le témoignage d’une fan a été diffusé au milieu d’un débat où la majorité des interlocuteurs étaient clairement là pour casser du Cantat et suivi d’un échange édifiant. Un philosophe assène : « il peut y avoir des bouchers ou des nazis qui ont beaucoup de talent, ça n’a rien à voir ». Puis, quand la présentatrice fait remarquer qu’il s’agit d’une femme ET qu’elle soutient Cantat, la militante féministe présente répond avec un mépris rare : « mouais, on en a connu des femmes dans les camps… Puisque vous parliez des nazis… ». Je ne crois pas que le public d’un artiste, quel qu’il soit, ait à subir publiquement et impunément ce genre d’injures.
On peut applaudir un artiste ET compatir à la douleur de la famille de la victime. Être fan de Cantat n’est pas être insensible et sans cœur. S’approprier la douleur de la mère ou des enfants de la victime sans avoir le moindre lien avec eux comme prétexte pour démolir l’auteur des faits n’a pas plus de sens que de s’approprier la douleur de ce dernier pour tenter d’exorciser la sienne. Personne ne va bien. La polémique autour de Bertrand Cantat est le symptôme d’une société malade, schizophrène, qui a autant besoin d’idoles à admirer que d’icônes à brûler.
Sauf mention contraire crédit photo : (c) Pascal Anthiaume, “Bertrand Cantat – Nous les écorchés”, Camion Blanc
Le livre de Faustine Sappa est disponible ici.



Excellent article. Le propos y est très juste, intègre et raisonné. Je retrouve une grande exactitude dans la description des différentes strates du public de BC.