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Autopsie sublime de notre perte

Ernest Mag La Meute Bronnec

Thierry Jonquet n’est plus. Vive Thomas Bronnec. Avec « La meute » (Éditions Les Arènes), son quatrième roman, Thomas Bronnec s’affirme un peu plus comme le digne successeur de cette mouvance du roman noir français dont Jonquet était l’une des figures avec Fajardie et Manchette et qui considérait que le roman (noir) était l’outil d’une dénonciation féroce et au cordeau de tous les errements de nos sociétés. Dans « La meute », Bronnec poursuit son auscultation (Après les Initiés, et En pays conquis) des dérives des pouvoirs qu’ils soient politiques, administratifs, judiciaires et / ou c’est le cas dans ce livre médiatique et citoyen. Ernest est le premier à vous en parler de ce livre puissant, rare et intense.

Un roman choral d’une force rare

C’est l’histoire simple d’un chef de l’Etat qui a été obligé de se démettre mais qui rêve de revenir au premier plan alors que la France est sortie de l’Union Européenne. C’est l’histoire d’une jeune ambitieuse qui rêve d’incarner le renouvellement de la gauche. C’est l’histoire de notre pays, sans l’être vraiment. C’est l’histoire de médias complètement perdus qui sont prêts à sauter sur le moindre tweet pour faire une information. C’est l’histoire de la manipulation des informations. C’est l’histoire de ce monde où l’émotion prime sur tout. Où l’émotion est l’alpha et l’oméga de tout. Il y a du scandale sexuel, des compromissions politiques, des journalistes avides de sensations et des politiques qui naviguent à vue, au gré de la bête affamée de l’information émotionnelle en continu.

Au travers de cette fiction, Bronnec jette un regard cru, salutaire et parfois effrayant tant il semble réel sur notre époque. Ce qui fait aussi le sel et la puissance de ce roman, c’est qu’il ne sombre jamais dans le jugement, il montre, il donne à voir. Mais c’est au lecteur de se faire son idée. C’est au lecteur de savoir où est aujourd’hui la meute et de décider s’il a envie ou non de lutter contre. C’est un livre intelligent, fort et intense. Il y a quelque chose d’House of Cards couplé avec la saison 5 de the Wire. Aux tréfonds des pouvoirs et de leurs compromissions. Aux tréfonds des vanités humaines. C’est mieux qu’une série Netflix ! Ne ratez pas ce livre !

Bientôt, pour les abonnés Ernest, l’interview et la rencontre avec Thomas Bronnec.

Tous les vendredis lecture d’Ernest sont là.

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