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1 minutes 49 secondes, 320 pages de beauté

Le Livre Du Vendredi Twitter 1000x500(1)

Alors que le terrorisme islamiste vient à nouveau de frapper la France lors de l’attentat à la préfecture de police de Paris, se plonger dans le livre de Riss « 1 minutes, 49 secondes » paru chez Actes Sud/Les Echappés (on vous en touchait déjà quelques mots ici) permet de prendre mieux la mesure de ce que nous vivons actuellement et cela depuis le démarrage de cette vague d’attentats dans les locaux de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Car c’est au départ de cela dont il s’agit dans ce livre d’une beauté renversante. Riss était dans la salle de rédaction. Il a vécu ce moment où les « affreux » sont entrés pour tuer des journalistes, des dessinateurs, simplement parce qu’ils étaient des esprits libres. Riss a été blessé. Mais il a survécu. Il raconte cet épisode avec pudeur, il raconte aussi ses amis morts ce jour-là. La gentillesse de Cabu, la gouaille de Tignous, la finesse d’Honoré, la lucidité de Charb, la joie de vivre de Wolinski, l’intelligence d’Elsa Cayat, la belle histoire de Mustapha Ourad, ou encore la curiosité de Bernard Maris. Il raconte aussi son parcours. Celui d’un provincial venu à Paris pour dessiner, et qui se retrouve à Charlie Hebdo.

Rire dans nos larmes

Mais ce livre, dans sa poésie et dans son propos est encore plus que cela. C’est un livre qui fait pleurer, un livre qui nous oblige, nous vivants, à ne pas baisser les bras, à ne jamais abdiquer dans ce combat pour la liberté d’expression, la laïcité et la lutte contre l’islamisme radical. Ce livre de Riss est aussi un livre politique. Un livre qui insiste sur nos abandons collectifs et sur l’impérieuse nécessité de se ressaisir. Ce qui alerte et qui interpelle, c’est qu’à la lecture de ce bouquin sublime d’une humanité rare, il semble que Riss se sente toujours seul dans cette volonté de porter notre idéal républicain. Riss insiste pour nous alerter sur tous ces gens qui ne veulent pas, qui ne veulent plus ou qui n’ont finalement jamais voulu être Charlie puisque cela, finalement, ne correspond pas à leurs présupposés, à leur façon d’envisager le monde puisqu’ils considèrent que toute critique formulée contre l’islamisme radical est islamophobe. « Collabos », écrit Riss, l’actuel directeur de Charlie. Difficile de lui donner tort. Difficile aussi de savoir comment lutter contre la connerie et l’insignifiance qui nous guettent. Le seul moyen : rire. Avec Charlie. Et pleurer aussi, un peu, face à la beauté de ce texte de Riss.

Tous les #vendredilecture d’Ernest sont là.

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