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Sportivement vôtre

Ernest Le Livre Du Vendredi Bremond Sport

Le sport, c’est de la littérature. Depuis le lancement d’Ernest, il y a trois ans nous défendons notamment l’idée du décloisonnement des styles de littérature, l’idée du dialogue entre les univers, entre les livres et le monde, et aussi l’idée selon laquelle le sport est une forme de littérature. C’est pourquoi nous avons fait venir Pierre-Louis Basse dans les colonnes d’Ernest, c’est aussi pour cela que nous avons raconté comment l’Equipe de France de Foot des écrivains s’était constituée ou comment les romanciers abordaient la question. Alors évidemment, quand nous avons vu sortir le livre « Brèves de sport » signé par Pierre Brémond (Editions de l’Aube, collection Suspension) dans lequel l’auteur promet une déclaration d’amour aux sports, à ceux qui les font vivre, mais peut-être surtout un hommage aux émotions que le spectateur a ressenties, et, généralement, partagées, nous nous sommes rués dessus.

Intenses émotions

Et quel bonheur ! Brémond parle à hauteur de fan. A hauteur d’hommes. A hauteur de tous ceux et toutes celles qui, un jour, pour une raison ou pour une autre, ont ressenti dans leur chair une émotion liée au sport. Tous les sports. Peu importe finalement. Quel pied que ce petit livre joyeux qui sort alors que l’Euro de Foot devrait battre son plein, que nous aurions dû vivre Roland Garros et que se profilaient à l’horizon Tour de France, Wimbledon et les Jeux Olympiques. Dans les mots de Brémond, il y a la douceur, la tension, la mise en abime du sportif, les déceptions, les joies. Celles des compétiteurs, comme celle des spectateurs. Brémond dit aussi ce moment collectif ou individuel où l’on tombe en amour ou en extase grâce à un exploit dans un col du Tour de France, à un amorti invraisemblable au tennis, une reprise de volée magique, un essai du bout du monde, un dépassement inespéré en F1. Bref, tous ces instants suspendus où l’incompréhension d’une remontada tutoie la magie d’une victoire. Il y a tout cela dans le livre de Brémond. C’est fin, c’est joyeux, c’est subjectif et chacun s’amusera à choisir les mêmes ou d’autres évènements marquants. Alors que le sport nous manque, ce livre est un petit doudou indispensable.

C’est d’ailleurs aussi le cas de la nouvelle revue lancée par les équipes d’Eric Fottorino, Légende. Ce trimestriel se donne pour objectif de décrypter notre époque au travers de ses légendes. Première d’entre elles : Zinédine Zidane. Les textes sont beaux et littéraires et disent bien ce que Zidane représente : une intégration réussie, la France qui gagne, mais aussi l’explosion du football mondialisé. Un grand moment de journalisme et de littérature que ce numéro 1 de Légende.

Et si après avoir lu Brémond et Légende vous avez encore envie d’un sport qui dialogue avec le monde, laissez-vous tenter par « The English Game », une mini-série Netflix de six épisodes. Imaginée par les créateurs de Downtown Abbey, « The English Game » raconte la naissance du football, sport aristocratique dans lequel les équipes d’ouvriers se sont ensuite invitées pour devenir les meilleures. Lutte des classes et lutte sportive basées sur des faits réels. C’est intense et émouvant.

Vous voilà armés pour un week-end de sport !

Pierre Brémond, « Brèves de Sport », éditions de l’Aube, 16 euros.

Légende, le Mag, n°1, 20 euros (en kiosques et en librairie)

« The English Game », sur Netflix.

Tous les livres du vendredi d’Ernest sont là.

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