2 min

Ensemble, Français

Unecharliemahomet

« Si on republiait les caricatures aujourd’hui, on serait à nouveau seuls ». Ces mots sont de Riss. Le directeur de Charlie Hebdo dans un entretien accordé cette semaine au Point. Ils sont une claque. Puissante. Riss publie mercredi 2 octobre un livre magnifique : « Une minute quarante neuf secondes » (Actes Sud), dans lequel il revient sur cette minute 49 secondes du 7 janvier 2015 au cour de laquelle les frères Kouachi sont venus tuer les membres de la rédaction de Charlie Hebdo au nom du prophète Mahomet et de leur islamisme. Dans ce livre, il développe aussi le constat qu’il fait dans Le Point. Ce  fait effarant qui fait qu’effectivement que Charlie et les quelques autres qui défendent des principes simples : la liberté d’expression, la laïcité sans adjectif, et le droit au blasphème sont seuls et vilipendés par une certaines bien-pensance relativiste. Difficile, en effet, de donner tort à Riss quand on vient de vivre une semaine au cours de laquelle la FCPE a cru bon de faire une forme d’éloge du voile, que le planning familial envisage de ne plus faire référence à la laïcité dans sa charte, ou que Mohamed Sifaoui ou Zineb El Rhazaoui sont quotidiennement la cible d’attaques et de menaces hallucinantes de la part d’associations islamistes et de certains leaders politiques qui les accusent d’islamophobie.

« Islamophobie », voilà le mot valise. Le mot disqualifiant qui est censé montrer à quel point celui ou celle à qui il est adressé est un renégat des libertés, un contempteur de la religion et surtout, surtout, un raciste déguisé.  Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment le directeur de Charlie Hebdo peut-il penser qu’aujourd’hui il serait aussi seul si le journal publiait du fait de l’actualité de nouvelles caricatures du prophète ?

Les cons, ça ose tout… même inventer l’islamophobie

Peut-être parce que nous avons collectivement oublié ce qui fonde l’esprit Français, le génie Français et l’art d’être Français. Cette capacité à penser par nous-mêmes, et à s’unir autour de l’idéal républicain d’où que l’on vienne. Faire passer les laïcs pour des islamophobes, il fallait y penser et oser… Il paraît que ça ose tout comme disait Audiard…
Peut-être que dans cette semaine où Jacques Chirac est mort, il est utile de se replonger dans l’introduction du rapport de la commission Stasi sur la laïcité qu’il avait installée suite à des incidents autour de la Burqa.
Les mots sont lumineux.
« La liberté de conscience, l’égalité de droit, et la neutralité du pouvoir politique doivent bénéficier à tous, quelles que soient leurs options spirituelles. Mais il s’agit aussi pour l’État de réaffirmer des règles strictes, afin que ce vivre en commun dans une société plurielle puisse être assuré. La laïcité française implique aujourd’hui de donner force aux principes qui la fondent, de conforter les services publics et d’assurer le respect de la diversité spirituelle. Pour cela, l’État se doit de rappeler les obligations qui s’imposent aux administrations, de supprimer les pratiques publiques discriminantes, et d’adopter des règles fortes et claires dans le cadre d’une loi sur la laïcité. »
Non Riss, Charlie n’est pas tout seul.

Tous les éditos d’Ernest sont là.

1 commentaire

Laisser un commentaire