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Les premiers de Laval

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Premier roman. Un genre littéraire à part entière. Laval fêtait le week-end dernier cette littérature. Reportage en forme de voyage à la découverte de quelques-uns des personnages de ces premiers romans. De ceux dont on se souvient. Des pépites qu’Ernest vous fait découvrir.

Alors que le président de la République fait régulièrement l’éloge des premiers de cordée, il convient aussi de faire l’éloge des premier de romans, des premiers romans ou des primo-romanciers. Le week-end des 14 et 15 avril 2018, Ernest était partenaire du festival du Premier roman et des littératures contemporaines de Laval. Laval, c’est le festival des liens. Laval, c’est aussi et surtout l’occasion de découvrir une flopée d’auteurs – primo-romanciers notamment – qui pour certains seront à n’en pas douter les talents de demain.

Ernest a passé le week-end avec eux. Dans leurs livres évidemment, mais aussi pour discuter. Ce qu’il ressort est une double impression agréable : d’abord, ces littératures différentes et variées sont passionnantes. Surtout, chacune d’elle a une profonde ambition littéraire (et vous savez à quel point cela est crucial). Une ambition littéraire pas pompeuse au service des textes et des lecteurs. C’est l’une des spécificités du festival mayennais. Aussi, voici un petit voyage au sein de quelques uns des ouvrages de la promotion Laval 2018.

Element Perturbateur Chantraine

Le départ de notre voyage dans ces premiers romans se fait avec Serge, le personnage d’“Un élément pertubateur”, le premier roman d’Olivier Chantraine (chez Gallimard). Serge Horowitz est un cadre quadragénaire qui travaille pour “l’influente autant que secrète Offshore Investment Company. Un petit monde échappant à toute logique, au cœur du VIIIe arrondissement. À tout contrôle aussi. Ici les associés se creusent les méninges pendant des heures pour créer les meilleurs montages financiers permettant à leurs clients d’investir et de ressortir de boîtes dans lesquelles ils ne mettront jamais les pieds, sans que l’argent ne transite jamais par la France.” Problème : non seulement Serge est assez peu client de la philosophie de sa boîte, mais en plus, il est victime de soudaines crises d’aphasie qui le mettent très mal à l’aise dans sa vie professionnelle. A travers ce personnage qui ressemble à un Gaston Lagaffe 2.0, Chantraine fait l’éloge de la fragilité dans un monde où il faut être un gagnant. Voilà l’ambition de Chantraine qui malgré quelques longueurs va au bout de ses convictions avec force.
Ernest Mag Gondor

L’autre personnage que vous pourriez découvrir en vous plongeant dans ces premiers romans est Leïla. Elle est l’héroïne envoûtante du très beau roman de Claire Gondor, “Le cœur à l’aiguille” paru chez Buchet-Chastel dans la collection Qui Vive. Leïla coud sa robe de mariée. Celle de son mariage avec Dan. Cette robe est un peu particulière. Elle est constituée des 56 lettres d’amour reçues de Dan. Ces lettres font ressortir ce qui fait la quintessence d’un amour : les petites choses. Façon de dire que l’amour est ce qui reste lorsque l’on ferme la porte de la chambre à coucher. Le livre dit aussi avec des mots puissants et forts l’absence et le manque. Une vraie réussite.

Ernest Mag Fils ConducteursAbsence et manque. Mais aussi rencontre. Celle de Thomas et de Jacob. Ces deux personnages aux antipodes du roman intense et tendu de Guillaume Poix, “Les fils conducteurs”, paru chez Verticales. Dans ce livre, Thomas est reporter, il part au Ghana pour enquêter sur les déchets et notamment sur une décharge, symbole du monde moderne. Au cours de son reportage, il rencontre Jacob, gamin de 11 ans, à 1000 lieux de ses préoccupations mais avec qui il va nouer une relation singulière virevoltante et enrichissante. Rarement l’adage selon lequel on “s’enrichit dans la différence” n’a été aussi bien raconté dans un roman. Un livre dur qui ne plaira pas forcément à tout le monde, mais un livre utile. Un livre qui nous fait sortir de notre zone de confort.

Ernest Mag Flank Transport

La zone de confort, Yves Flank l’a quittée depuis longtemps et publie aux éditions de l’Antilope, “Transport”, un roman d’une force poétique puissante. “Transport” nous plonge dans le huis-clos d’un wagon où hommes, femmes et enfants sont emmenés vers la mort. Le texte est sublime. Tout en justesse et intelligence. Le sujet est poignant et pesant. La lecture est poétique, émouvante et inédite. Un texte qui ne laisse pas indifférent.

Ernest Mag Petit TerroristeEn parlant de ne pas rester indifférent, il faudrait terminer le voyage (si tant est qu’il puisse finir un jour) par le récit d’Omar Youssef Souleimane : “Le petit terroriste” paru chez Flammarion. Dans ce texte d’une très grande force et d’un grand courage Omar Youssef Souleimane raconte comment,  jeune syrien arabe, il a été élevé dans une famille sunnite en Arabie Saoudite. Il raconte une éducation religieuse de laquelle il a su s’émanciper, pour ensuite rompre avec elle pour devenir libre. Puis, il raconte aussi comment suite aux Printemps arabes il a été contraint de vivre dans la clandestinité avant d’obtenir le statut de réfugié politique en France. Un texte éclairant sur notre monde actuel.

Il faut savoir terminer une grève disait l’autre, il faut aussi savoir clore un papier. Évidemment de nombreux autres textes forts étaient présents à Laval. Évidemment, nous en reparlerons.

Tous les lauréats du festival de Laval sont là

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