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M.Gouesse : « La fiction est une expérience sensible »

MartinGouesse07©PaoloBevilacqua

Martin Gouesse. C'est son nom. Il publie son premier roman que nous avons beaucoup aimé. Ecrit au cordeau, sensible et prenant. Rencontre avec un auteur en devenir.

"Un auteur est né", écrivions-nous dans la chronique du vendredi que nous avons consacré au livre de Martin Gouesse "Le Silence des pères" paru chez Filatures le 22 janvier dernier. Puisqu'il était né, il nous fallait vous le faire rencontrer. Pour qu'il dise ce qui l'avait conduit à raconter cette histoire mêlée de notables de province avec la contrebande de cigarettes, pour qu'il nous dise comment il avait séparé (ou non) fiction et réalité. Mais aussi pour qu'il nous dise un peu plus qui était cet auteur marchant dans les pas de Izzo ou Manchette. Rencontre.

Quelle est la genèse de ce livre ? Qu'est-ce qui vous a poussé à raconter cette histoire de trafic de cigarettes, mais aussi de famille ?

Martin Gouesse : Au départ, clairement, je voulais écrire sur le sujet de la famille car certaines familles peuvent ressembler à des mafias. J'ai commencé ma carrière de journaliste en Normandie à la Dépêche, le journal de Forges Les Eaux.  J'ai à ce moment-là eu vent de cette histoire des russes qui venaient en Normandie pour acheter en liquide des bureaux de tabac. J'ai gardé cela dans un coin de ma tête. Au moment, où j'ai décidé de vraiment me mettre à écrire, j'ai eu l'envie de lier ces deux idées : la famille, et le trafic de cigarettes. C'est à ce moment là que j'ai rencontré les gens de la DNRED (Direction nationale du renseignements et des enquêtes douanières) qui est une branche du renseignement national et qui m'ont raconté leur travail au quotidien afin de nourrir les intrigues de mon roman.

Vous êtes journaliste, vous vous inspirez de faits réels, pourquoi avoir choisi le genre romanesque et donc la fiction, plutôt qu'un genre non-fiction agrémenté d'une prose littéraire ?