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Le silence des pères, la joie des lecteurs

Ernest Gouesse Silenceperes Vendredi

Au bout de quelques pages, on sait. On sait que le livre que l’on tient entre les mains sera parmi ceux dont on se souviendra parce qu’ils ont du souffle, du style, de la personnalité et qu’ils nous parlent un peu, beaucoup ou passionnément. Quand il s’agit en plus d’un premier roman l’émotion est encore plus agréable. Comme si nous étions les témoins de la naissance d’un romancier. Cette sensation que les lecteurs et lectrices aime tant est présente tout au long de la lecture du premier roman de Martin Gouesse « Le silence des pères » paru aux éditions Filatures. Le pitch est simple : Maxime est grand reporter. Il soigne une dépression après une mission où son équipe a été décimée dans une explosion. Dans cette clinique entre rêveries, délires et réalités, Maxime reprend aussi goût à ce qu’il sait faire de mieux : l’enquête journalistique. Il va ainsi replonger et partir dans une enquête qui l’emmènera vers des contrées où il ne pensait pas retourner.

Intense, bien écrit et profond

Fort d’une construction habile, qui fait voyager le lecteur et d’une écriture épurée mais dense et profonde, « Le silence des pères » tient en haleine de bout en bout et mêle avec ingéniosité miroir tendu à l’individu et à la société. Martin Gouesse s’installe directement dans la cours des auteurs qu’il faudra suivre dans les prochaines années tant son écriture touche au cœur et aux tripes et se lit avec une fluidité déconcertante. Très cinématographique, le livre n’est pas non plus sans rappeler l’univers Chabrolien des notables de province. Avec leurs petites compromissions, leurs failles, leur charme suranné. Cerise sur le gâteau, le roman interroge sur la place qu’ont les événements sur nos choix. Sont-ils de notre fait ou non ? Et qu’en est-il des silences passés ou futurs ?  Vous l’aurez compris ce livre est un roman noir écrit d’une très belle plume qui mêle comme chez Jean-Claude Izzo ou Jean-Patrick Manchette, réflexion intime, suspense et réflexion sur la société. Souvent, pour ne pas dire toujours, Ernest est en avance sur les autres quand il s’agit de dénicher les talents. Gouesse est de ceux-là. Un talent qui sait s’effacer pour servir ses personnages et les regarder avec un humanisme solaire. Même dans leurs vicissitudes. Voilà un premier roman brillant ! Ne le ratez pas ! Sous aucun prétexte.

Martin Gouesse, « Le silence des pères », Éditions Filatures, 18 euros.

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