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La comédie des vacances

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Jérémie Peltier est de retour. Dans cette chronique pré-estivale, Jérémie nous parle avec humour et décontraction de la fameuse comédie des vacances qui nous contraint – entre autres choses désagréables – à boire du rosée pamplemousse. Avec Mallarmé, Henry Miller, Jennifer, Mektoub My Love, Almodovar, Nino Ferrer et même les forces de police et les animaux de compagnie, Jérémie nous souhaite (quand même) de bonnes vacances !

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Description de l’infraction : « circulation d’un véhicule non autorisé sur une voie réservée aux véhicules de transport public de voyageurs ».

Date/heure : le 08/07/2020 à 11h.

Lieu : 57 boulevard de Clichy.

Le montant de l’amende forfaitaire prévue pour cette infraction s’élève à 135 euros.

Depuis notre dernière chronique le 6 juin dernier, nous n’imaginions pas que tout allait redevenir aussi normal. Aussi banal. Que La Poste, après sa longue sieste, allait reprendre son service si rapidement, comme si de rien n’était, pour déposer quotidiennement dans nos boîtes aux lettres non pas des lettres enflammées de nos amours nouées pendant le confinement, mais des notifications de contravention (d’ailleurs, on appelle encore « boîte aux lettres » ce qui ressemble aujourd’hui davantage à une boîte à factures/à prospectus/à URSAFF. Une boîte à emmerdes, en somme, et non une boîte aux lettres. De dangereuses missives, mais aucune liaison dangereuse. Même pas une lettre de corbeau comme en avait droit le p’tit Greg).

Par ailleurs, nous n’imaginions pas la gravité des évènements qui allaient se dérouler au lendemain du déconfinement, au point que les écologistes envahissent le pays à l’occasion des élections municipales, nous obligeant à modérer notre éloge du scooter-attrape cœur que nous faisions ici il y a encore peu. Si vous aviez omis la dictature verte désormais en place, les amendes sont là pour vous le rappeler. C’est la guerre, et vous êtes à abattre. On se croirait presque dans Les nouveaux sauvages, film produit par Pedro Almodovar, dans lequel un ingénieur nommé par la suite « Bombita » devient la coqueluche de tout Madrid pour avoir monté un attentat à la fourrière, cette figure moderne et universelle de l’oppression.

Nous nous étions quittés en plein déconfinement, où l’on buvait des canettes de bière à même le sol la veille de la fête des mères. Nous nous étions quittés d’humeur joyeuse de vivre des bonheurs simples, un goût de finale de coupe du monde de football dans la bouche.

Évidemment, rien de tout cela n’a duré. Et la déglingue, notre chère déglingue, a repris le dessus.

Quel lien entre animaux de compagnie et disette sexuelle ?

La déglingue, quelle déglingue ? Elle est sous nos yeux les amis !

Les animaux ont continué à rattraper leur retard sur les hommes, et sont à deux doigts d’obtenir qu’un permis de détention soit obligatoire pour qu’on les tienne en laisse. Le retour à l’anormal ressemble bien à un retour à l’animal. Des élues La République en marche ont en effet déposé une proposition de loi relative à la protection animale [1]. Parmi les mesures envisagées, la création d’un permis de détention d’un animal de compagnie, qu’il s’agisse d’un chat, d’un chien, d’un lapin ou tout autre compagnon (une buse ?). Est-ce si surprenant qu’on en arrive là ?

Sachez que selon une enquête de l’Ifop pour Woopets publiée le 22 juillet [2], 84% des Français qui possèdent actuellement un Raul Varzar 1l2waV8glIQ Unsplashanimal de compagnie estiment avoir bien vécu le confinement, contre 78% des Français qui n’en possèdent pas (alors, qui sont les cons ?). Sachez également que la « France des chats » (33%) est surreprésentée chez les CSP+ tandis que la « France des chiens » (25%) est surreprésentée chez les plus pauvres. Enfin, 25 % des Français estiment avoir au moins 5 traits de caractère identiques avec leur animal de compagnie, et 15 % au moins 7 traits de caractère semblables (vous pouvez faire le test en observant votre entourage, vous arriverez sans doute à des taux bien supérieurs).

Allez, une dernière pour la route : selon un sondage réalisé par Riley’s Organics et relayé par Fox News [3], 52% des Américains déclarent embrasser leur chien plus souvent que leurs proches. L’enquête révèle aussi que 61% des propriétaires de toutous embrassent ces derniers sur la bouche, et que 52% des personnes interrogées assurent préférer partager leur lit avec un chien qu’avec leur partenaire quand ils en ont le choix [4]. Don’t act comme disent les politiques qui vivent avec leur temps.

Face à cela, on ne peut s’étonner des chiffres totalement affligeants qui viennent d’être révélés par l’Ifop et le célèbre site Pornhub (oui oui, calmez-vous) : alors que les mois de « disette sexuelle » imposée par le confinement auraient pu inciter les célibataires français à une « boulimie de sexe », force est de constater qu’ils expriment avant tout un besoin de stabilité sexuelle et affective : 90% d’entre eux indiquent chercher en ce moment un seul partenaire pour établir une relation stable plutôt que de multiplier les partenaires sexuels pour rattraper le temps perdu » (10%) [5]. Stabilité sexuelle et affective. On est tombés bien bas.

Une autre déglingue ? Le Parc Astérix est devenu « pire que Châtelet ». Il y a peu, l’attraction Tonnerre de Zeus a été le théâtre d’un combat de boxe entre des jeunes et la sécurité du parc en raison d’une histoire de casquette tombée lors d’une attraction, casquette que le noble propriétaire, sachant qu’il en allait de son honneur, souhaitait absolument récupérer tandis que l’attraction continuait de fonctionner. Selon Le Parisien [6], « le dernier événement similaire remonte à dix années en arrière, lorsqu’un visiteur de 30 ans avait été roué de coups par dix individus pour avoir refusé de s’être fait dépasser dans la file d’attente de Tonnerre de Zeus ». Une histoire de queue, comme souvent. Comme en 2013 dans un autre parc, Disney World, où la société Dream Tours Florida mettait en location des personnes handicapées afin de vous faire éviter les files d’attente [7]. Une heure de location d’un handicapé coûtait environ 130 dollars, tout de même.

Il est évidemment à noter que cette déglingue estivale chez Obélix venait concurrencer une autre déglingue, survenue quelques jours plus tôt à Dijon, où la moutarde était montée au nez de vaillants Tchétchènes venus échanger quelques mots avec des habitants du doux quartier des Grésilles, dérangés alors qu’ils passaient tranquillement leur permis de conduire.

Enfin, si vous ne l’avez pas appris par voie de presse (pour parler comme Laurent Joffrin, prochain président de la République), je vous informe que les masques sont devenus obligatoires, et qu’il va falloir faire des choix dans votre budget : le budget pour une famille de quatre personnes avec deux enfants âgés de plus de 11 ans se chiffre à 96 euros par mois pour des modèles lavables, et à 228 euros pour des masques à usage unique [8]. Ça sent l’année métro/clodo/Macdo les chéris.

Face à tout cela, il est temps de prendre un peu de distance. De partir se reposer et de s’aérer l’esprit. De fuir la nouvelle horde de darons en costard sur leur trottinette électrique, qui s’étonneront dans quelques années de manquer terriblement d’autorité sur leurs enfants qui leur diront : « Mais papa, tu joues avec mes jouets ! Alors j’ai le droit de jouer avec les tiens ».

« Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres d’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! » écrit Stéphane Mallarmé dans Brise Marine. Ça tombe bien, les vacances arrivent.

D’ailleurs, je relis l’amende : Description de l’infraction : « circulation d’un véhicule non autorisé sur une voie réservée aux véhicules de transport public de voyageurs ».

Est-ce que conduire alors que nous sommes en train de penser à notre voyage de vacances qui approche à grand pas fait de nous des membres de la catégorie « transport public de voyageurs » ? Je vous assure que dans ma tête, j’y étais déjà en voyage, grandement aidé par Jennifer à fond dans mes AirPods.

Du télétravail aux télévacances ?

Car oui, vous le savez, les vacances se préparent tôt.

Vidar Nordli Mathisen LoTTPqOed7c UnsplashY-a-t-il un moment plus stressant ? Vous savez, ce moment où il faut donner le sentiment aux yeux de tout le monde que vous êtes parfaitement serein, alors que l’angoisse de l’organisation de vos vacances et de leur bonne tenue vous prend littéralement la tête ? Ce jeu de la fausse sérénité, c’est le même que vous vous mettez à jouer quand, ne pouvant vous empêcher de penser que l’on va voler votre valise rangée un peu loin dans la rame du TGV, vous vous obligez à mimer une tête blasée et désintéressée afin de ne pas donner le sentiment d’être un individu anxieux, plongé dans l’insécurité permanente, qui pourtant sera le premier à se lever au premier arrêt, juste pour aller « checker » que sa valise est toujours là.

Finalement, on était bien en télétravail. Chacun chez soi. Moins de comparaison possible entre ceux qui bougent et ceux qui ne bougent pas. Dommage qu’on ne puisse pas passer du télétravail aux télévacances. Cela aurait été beaucoup plus simple en termes d’organisation et de niveau d’angoisse. La comédie des vacances ressemble d’ailleurs, à bien y réfléchir, à la comédie du jour de l’an : un moment dont on a de plus en plus de mal à feindre l’absurdité, mais qui occupe les discussions de tout le monde les jours précédents car, comme les vacances, cette période de l’année révèle la place qui est la vôtre dans la société.

C’est ainsi. Comme chaque année, c’est reparti pour la comédie. Après avoir rédigé pendant trois mois des cahiers de confinement, il faut maintenant penser aux cahiers de vacances, au risque de donner le sentiment à autrui que vous êtes des parents laxistes. Résultat : on assiste à un boom des ventes des cahiers de vacances post-confinement. Pour la semaine du 17 au 23 juin, on trouve dans le Top 20 des livres achetés sur la semaine (classement réalisé par GfK-Livres Hebdo) six « Passeport Hachette Éducation » et deux cahiers « Nathan Vacances ». Soit huit cahiers de vacances sur les vingt titres d’ouvrages les plus vendus de la semaine [9].

Les vacances et le jour de l’an : même combat

Le retour de la comédie, c’est aussi, parfois, faire preuve de mille astuces pour ne pas montrer que vous n’avez nulle part où aller pendant les vacances. C’est le fameux « Oh non cette année je vais aller à droite à gauche ; je vais papillonner ; je vais bouger deux-trois jours par-ci et deux-trois jours par-là ». Traduction : « je n’ai rien organisé ; c’est la loose ; je n’ai pas d’argent ; personne ne m’a proposé quoi que ce soit ; je vais aller voir mes parents ».

Mais on préfère jouer la comédie. Même si personne n’est dupe. Comme au jour de l’an : « Oh, j’ai deux-trois plans, je vais voir, je vais passer d’une soirée à une autre ». Traduction : « J’ai rien de prévu ; aucune invitation officielle ; je vais terminer tout seul chez moi en prétextant que je suis malade ». On vous le dit : jour de l’an et vacances = même combat.

Sur place, ensuite, la comédie continue. C’est l’injonction à boire du rosé pamplemousse immonde avec les voisins, celle de jouer à la pétanque avec vos copains alors que vous avez horreur de cela. C’est aller dans un restaurant blindé de touristes avec votre compagne et le couple d’amis avec lequel vous êtes partis. N’ayant absolument rien à vous dire, ayant déjà passé toute l’année avec eux, vous allez occuper les deux heures qui vont suivre à commenter vos plats à coups de « ça fait quand même du bien d’être en vacances » et de « c’est pas donné mais c’est copieux ». Vous passerez tout le repas à faire des blagues au serveur afin d’amuser le reste de la table et de montrer aux autres tables que vous avez le privilège d’avoir une complicité exclusive avec le serveur, ce dernier à qui vous direz à la fin « Vous êtes vraiment sympathique, très serviable », en oubliant après tout cela de lui donner un pourboire.

Comédie dans leur organisation et leur tenue, les vacances peuvent aussi virer au drame, notamment quand les enjeux de séduction entrent en scène.

La séduction en vacances, on peut la voir comme la montre Abdellatif Kechiche sur les plages de Sète dans Mektoub my love : sans autres enjeux que le simple jeu et le plaisir des corps.

On peut aussi la voir à travers ses conséquences parfois dramatiques. C’est l’objet du très beau livre de Solveig Vialle, Des liens si touchants, publié en 2017 chez Albin Michel, qui nous fait furieusement penser au Bonjour tristesse de Sagan.

Home VialleDans son livre, Vialle nous raconte les vacances un été sur la Côte d’Azur d’un trio autour duquel l’intégralité du roman va se jouer : un père, sa fille de dix-sept ans, elle-même accompagnée de sa meilleure amie du même âge, avec laquelle, évidemment, le papa va coucher. Au-delà des questions que soulève ce beau livre sur les rapports père/fille, Vialle nous rappelle à quel point les vacances « en groupe » et « entre amis » sont souvent le lieu de drames, de tensions, de séduction, de tristesse et de jeux pervers. La tristesse démarre d’ailleurs souvent quand une partie du groupe commence à faire des choses sans vous :

« Depuis la plage, je fais de grands signes à Philippe, ainsi que des baisers soufflés sur la paume de ma main. J’ai trois secondes le regret de les voir s’éloigner, car un départ en bateau donne toujours la sensation au terrien d’être bêtement arrêté, engoncé dans sa gravité ».

Théâtre dramatique, les vacances peuvent l’être, quand bien même vous n’êtes que le témoin du drame :

« Il n’y avait pas d’épreuve à venir cet après-midi-là pour moi ; simplement je savais que Max devait signaler à mon ami son congé. Une rupture qui ne me concernait même pas. Une fin d’été, une promenade, cette tartine que je ne finis pas, Élisabeth que j’entends chantonner sous la douche…Pourquoi ce poids, bordel ? »

Ce poids car vous êtes témoin de scènes de rupture et de jalousie, alors que tout allait bien, il y a encore quelques jours. Et que cela casse tout, cela détruit tout, quand bien même les témoins tentent de réparer. Le paysage estival et vacancier devient alors la scène de tout cela, et la beauté ne peut rien y faire :

« Ce chemin, je l’ai pris seule, puis avec mon père, puis avec Élisabeth. Chaque fois, les arbres, les plantes, les bêtes ont été spectateurs de nos dialogues, de nos gouffres. Huis clos tragique, alors que tout ce qui est autour de nous est si beau, semble si impérialement attentif, se tait, écoute, subit nos drames médiocres, méprisables. Que cela nous ferait du bien si la nature seulement exprimait son mépris ! ».

Fuir les vacances ?

Conséquence : vous prenez conscience les derniers jours qu’il vous faut tout de même profiter, un peu, de vos vacances, quand bien même vous en attendez la fin avec impatience :

« Il doit être au moins 13 heures si le soleil donne en face de ma chambre. J’ouvre les volets. Les cigales hurlent leur murmure ouaté qui tantôt investit toute l’oreille, tantôt se fait complètement oublier. Élisabeth doit se préparer un café dans la cuisine, Max doit dormir. Je suis de bonne humeur, cette humeur pleine et mélancolique d’une fin de séjour tumultueux, dont on sait que quelle que soit l’issue, celle-ci arrive, salutaire. Profitons donc des derniers jours ! ».

Conclusion ? Il faut, évidemment, tout faire pour éviter les « vacances entre amis » où le risque de vivre un moment de théâtre dramatique est réel. Les vacances sont un moment de sincérité, de sécurité, d’apaisement, un moment fait de joie pure et des rires spontanés. Ils ne doivent en aucun cas se transformer en un lieu de drames, de pleurs et de jalousie. Pas de place pour cela.

Cela signifie alors que tout l’enjeu repose sur le choix des personnes avec qui vous partez. Combien de fois avez-vous entendu cet éclair de lucidité sur l’espèce humaine : « Lui ou elle, je l’adore, mais impossible de partir en vacances avec » ?

L’un des critères, c’est de pouvoir partir avec des individus devant lesquels vous pouvez assumer votre corps de lâche le matin sans le parer de trop de vêtements ; devant lesquels vous pouvez assumer vous être couché tard car vous avez regardé la première saison de « Sex and the City » (dans laquelle on apprend que l’invention de la valise à roulettes est, après le vibromasseur, le dernier signe que l’homme est inutile aux femmes) ; des amis devant lesquels vous pouvez assumer vos mauvaises manières et votre mauvaise humeur du matin sans raison aucune.

Et surtout, critère central je crois, il doit d’agir d’amis devant lesquels vous pouvez assumer partir aux cabinets avec un livre. Je m’explique.

Pouvoir assumer de lire aux cabinets

Nous passons en moyenne 2500 fois par an sur le trône. Cela représente près de trois ans de notre vie. Considérable. Or, il est à noter que nous n’optimisons pas ce temps-là comme nous le devrions (même si le nombre de sms et de mails échangés depuis les cabinets ne cessent d’augmenter année après année, vous le savez car vous le faites aussi) et nous ne profitons pas de ce moment de grâce qui nous est offert chaque jour. Par ailleurs, toute l’année, on lit de plus en plus de livres dans les transports en commun, au milieu du bruit, du mouvement et des gens.

Dans son texte « Lire aux cabinets », extrait du recueil Les livres de ma vie, Henry Miller nous suggère justement de (re)prendre le temps de lire dans ce lieu calme où, justement, personne ne vous dérangera.

Mais attention, prendre le temps de lire des vrais livres, pas des magazines :

« D’après ce que j’ai pu glaner au cours de nos conversations avec nos amis intimes, ce qu’on lit aux cabinets, c’est presque toujours de la lecture futile. Ce que les gens emmènent pour lire aux cabinets, ce sont les digests, les magazines illustrés, les feuilletons, les romans policiers ou les romans d’aventure, tout le rebut de la littérature ».

Livre Miller CabinetAu contraire, profitez des cabinets en vacances pour lire des livres puissantes, de beaux livres qui vous émancipent et vous font sortir de votre condition d’être misérable. Et surtout, post-Covid, ayant pris conscience que vous n’aviez qu’une vie (mais ne pouvant pas vous exempter d’aller aux toilettes), gardez en tête que chaque moment mérite d’être employé de la meilleure des façons, comme nous le dit Miller :

« Si chaque instant de la vie est tellement précieux à vos yeux, si vous tenez absolument à vous persuader que la portion de sa vie que l’on passe chaque jour aux cabinets n’est pas négligeable – certaines personnes préfèrent « W.-C » ou « Petit Coin » à « Cabinets » – alors demandez-vous au moment où vous vous saisirez de votre lecture favorite : Est-ce que j’ai besoin de ça ? Pourquoi ? ».

D’ailleurs, à quoi bon lire en vacances des magazines qui parlent, eux-mêmes, de vacances ? A quoi bon vous mettre à lire pour la première et seule fois de l’année votre horoscope ? A quoi bon lire un dossier sur la façon dont Saint-Tropez adapte ses lieux de débauche face à la Covid ? Sauf, évidemment, si Jean Roch le roi de la nuit est votre ami, et que vous le soutenez lorsqu’il s’émeut dans le dernier numéro de Elle que les clubs n’ont pas rouverts « alors que les boîtes échangistes sont ouvertes ! »[10].

En somme, loin de Saint-Tropez, profitez des vacances pour lire aux cabinets. Et, conseil d’ami, partez avec des gens devant lesquels vous pouvez assumer y entrer et en sortir avec Les Pensées de Pascal sous le coude.

Et que personne n’ait intérêt à vous faire chier pour cela. Sinon, vous ne reviendrez pas. Car c’est votre droit.

Allez, bonnes vacances quand même.

[1] https://www.ouest-france.fr/sciences/animaux/des-deputees-proposent-la-creation-d-un-permis-de-detention-pour-les-animaux-de-compagnie-6891469

[2] « Les Français et leurs animaux de compagnie : le grand dilemme des vacances d’été », Woopets, 22 juillet 2020 : https://www.woopets.fr/chien/actualite/les-francais-et-leurs-animaux-de-compagnie-le-grand-dilemme-des-vacances-d-ete/

[3] https://www.aufeminin.com/news-societe/plus-de-la-moitie-des-proprietaires-de-chiens-l-embrassent-plus-que-leur-partenaire-d-apres-cette-etude-s4003111.html

[4] https://www.woopets.fr/chien/actualite/selon-un-sondage-vous-preferez-embrasser-votre-chien-plutot-que-vos-proches/

[5] La vie sexuelle des Français déconfinés : grande frousse ou grand relâchement ? Ifop pour Pornhub, 20 juillet 2020 : https://www.ifop.com/publication/la-vie-sexuelle-des-francais-deconfines-grande-frousse-ou-grand-relachement/

[6] « Bousculades, insultes, bagarre…l’ambiance du Parc Astérix décriée par les visiteurs et les salariés », Le Parisien, 17 juillet 2020 : https://www.leparisien.fr/oise-60/bousculades-insultes-bagarre-l-ambiance-du-parc-asterix-decriee-par-des-visiteurs-et-salaries-17-07-2020-8354436.php

[7] https://www.huffingtonpost.fr/2013/05/15/disney-world-location-guides-handicapes-files-attente_n_3280881.html

[8] https://www.leparisien.fr/societe/masques-obligatoires-c-est-un-budget-jusqu-a-228-euros-par-mois-pour-une-famille-19-07-2020-8355393.php

[9] « Boom en vue pour les cahiers de vacances », Le Parisien, 18 juillet 2020 : https://www.leparisien.fr/societe/boom-en-vue-pour-les-cahiers-de-vacances-18-07-2020-8354775.php

[10] Do you Saint-Tropez ? Elle, 17 juillet 2020

Toutes les chroniques d’arrêt d’urgence de Jérémie Peltier sont là.

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