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Le noir est azur

Moorea Vendredilecture Ernest

Question à 1000 points pour ce vendredi. Comment passer un week-end de lecture renversant avec un livre qui mêle écriture au cordeau, noirceur et lumière, paysages féériques et intrigue puissante ? Réponse : Lire le Bûcher de Moorea de Patrice Guirao paru chez Robert Lafont aux Editions La Bête Noire. Le pitch est le suivant : Nous sommes à Moorea. Lilith est photographe de presse. Maema est  journaliste. Elles sont collègues à la Dépêche de Tahiti, le quotidien local. Et elles sont aussi amies. Un jour leur vie change. Elles sont envoyées sur une scène de crime particulièrement sordide, plusieurs corps ont été incinérés après avoir été démembrés dans un macabre simulacre de bûcher funéraire. Plus rien ne sera pareil.

Un roman noir azur puissant

Une terrible enquête qui mêle noirceur et luminosité se met alors en place. Les deux héroïnes sont malmenées par les évènements mais sont superbement bien écrites par l’auteur. L’île de Moorea et la vie tahitienne sont également des personnages à part entière de ce roman d’un genre nouveau qui sait entremêler l’enfouissement de la tête du lecteur dans la noirceur tout en l’éblouissant d’une lumière fantastique. Ce contraste saisissant entre la dureté des mots et la capacité de l’auteur à nous emmener avec lui et à nous dévoiler les zones lumineuses de l’enquête mais par delà même celles des spécificités humaines est l’une des belles réussites de ce livre choc et coup de poing qu’il convient de lire absolument pour passer un été noir azur. Noir Azur ? Oui c’est le nom du genre inventé par Patrice Guirao. Il en a même écrit un manifeste qui dit ceci. « Le roman « noir azur » est une alternative. Il ne suffit donc pas que le roman noir s’inscrive dans un cadre insulaire tropical pour qu’il devienne « noir azur ». Il faut qu’il s’imprègne de l’essence de la vie et des pulsations des forces naturelles en présence dans cette partie du monde. On doit y entendre les bruits de l’océan et les silences des lagons, y voir les couleurs qui chatoient et l’immensité des petites choses, la fragilité et la tendresse, comme la puissance et la violence contenues. » Beau programme. A ne rater sous aucun prétexte.

Tous les livres du vendredi d’Ernest dont nous sommes souvent, très souvent les premiers à parler.

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