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Soustraction des possibles, addition des sensations

Ernest Mag Incardona

Aimer les livres a ceci de sublime que l’on peut toujours découvrir et être surpris. Ainsi, avouons-le, La soustraction des possibles de Joseph Incardona chez Finitude est le premier Incardona que nous lisions. Il a publié seize bouquins. C’est dire notre honnête ignorance de cet auteur. Mais la curiosité nous a conduit à nous plonger dans ce roman drôle, dynamique et doté d’une mécanique romanesque puissante. Arturo Bianchi est un prof de tennis sans histoires. Un brin gigolo puisqu’il séduit ses riches clientes pour s’attirer ensuite quelques faveurs de luxe. Un jour, ce n’était pas prévu, l’une d’entre elles, tombe amoureuse. Elle lui dégotte un job d’appoint. Celui de convoyeur pour une bande de mafieux corses attachants. Bianchi est heureux. Il trouve même l’âme sœur. Svetlana. Deux paumés. Deux ambitieux en quête de sens et d’absolu, au fond. Ensemble, ils décident de voir plus grand. C’est à la fois poétique et pathétique. Entre appât du gain et ambition sereine. Les deux tourtereaux – dans leur entreprise – sont en fait des révolutionnaires. Ils en ont assez de ce système capitaliste qui ne leur laisse rien. Le roman déjà bien lancé accélère alors d’un cran encore. Pour le plus grand plaisir du lecteur.

Une mécanique puissante

Incardona est habile tant dans la tension dramatique et romanesque qui fait se mouvoir ses personnages, mais aussi dans la justesse, l’acuité et la célérité précise avec laquelle il dresse le constat de notre société animée par une seule chose : l’appât du gain. Dans ce roman ciselé, on se remémore les sensations ressenties lors de la lecture du « Bucher des Vanités » de Tom Wolfe ou d’« American Psycho » de Bret Easton Ellis. La touche suisse feutrée d’Incardona en prime. C’est alors que le livre d’Incardona prend alors la tournure d’un conte philosophique mâtiné de suspense. La lecture en devient frénétique. Incardona se joue de nous. Donne à manger tant à notre volonté de lecteur avide de sensations fortes qu’à notre intellect. Son livre est brillant. Intense. Puissant. Et très entêtant. Une découverte à côté de laquelle, il ne faut pas passer. Chez Ernest, on a même décidé de lire tous les autres Incardona pour combler notre ignorance !

Tous les livres du vendredi sont là.

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