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Les deux prix littéraires à lire

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Chaque année depuis quatre ans, le prix Hors Concours vient couronner un livre paru chez un éditeur indépendant. Le Prix Hors Concours imaginé par Gaëlle Bohé a pour vocation de faire découvrir des talents et d’être le prix de l’édition qui n’a pas de prix. L’an dernier, Hors Concours avait distingué l’excellent livre de Sonia Ristic « Des Fleurs dans le vent » dont nous vous avions parlé ici. Cette année, c’est le livre d’Irma Pelatan « L’odeur de chlore » aux éditions de la Contre Allée qui a été élu par le jury de journalistes dont David Medioni, fondateur d’Ernest faisait partie. La mention des lecteurs (car les lecteurs peuvent aussi voter) est allée elle à « Souviens-toi des Monstres » de JL d’Asciano paru Aux Forges de Vulcain.Ces deux livres totalement différents sont à lire et à découvrir. Puis ils sont à offrir pour faire de ce prix littéraire « L’odeur de Chlore » et de cette mention des lecteurs « Souviens-toi des monstres », deux beaux succès de librairie. Achetez les en librairie, prenez votre ticket de caisse en photo et envoyez le à : info@ernestmag.fr , nous vous offrirons un mois d’abonnement gratuit.

Et sinon, les livres, ils racontent quoi ?

Le Prix Hors Concours 2019 : « L’Odeur de Chlore », Irma Pelatan, éditions de la Contre Allée

Lodeurdechlore HdUn prix littéraire doit au moins avoir une qualité. Celle de surprendre, celle de laisser une trace, une empreinte. En ce sens, ce prix littéraire remporté par Irma Pelatan pour son très beau livre « L’odeur de Chlore » est un prix ô combien mérité. Ce livre d’Irma Pelatan est un livre ciselé, intense, doux aussi. En à peine 100 pages, l’auteure nous interpelle, nous interroge et raconte la construction et l’architecture des corps, du sien, des nôtres. Son écriture chaloupée nous fait plonger avec elle dans la piscine et nager. Le pitch de départ de ce roman c’est le fameux Modulor de Le Corbusier qui est un système de mesure et une norme architecturale qui fait du corps humain l’échelle de référence. Ce standard est un homme idéal mesurant 1,83 mètres. Evidemment, tout le monde n’est pas l’homme ou la femme idéale. C’est dans ce paradoxe des corps que s’immisce Irma Pelatan. Car avec ce Modulor, Le Corbusier va ensuite construire des lieux. Et notamment la piscine de Firminy-Vert dans la Loire dans laquelle Irma Pelatan a longtemps nagé. Son texte vient de là. De ce paradoxe entre corps réel et corps idéal.

En nageant, la narratrice apprend à devenir, apprend à être, apprend à accepter. Y compris l’inacceptable. C’est un livre qui marque par sa réalisation, par son empreinte, par sa forme, par son ton, par son minimalisme et aussi par sa puissance inversement proportionnelle à sa taille et sa longueur. Ce livre marque aussi parce qu’il est un roman d’apprentissage en 100 pages qui vient interroger ce qu’est la norme et ce que veut dire l’apparence. « Mon corps est devenu celui d’une femme. Cette piscine a vu mon corps se faire femme, semaine après semaine, elle a vu mes seins pousser, mes hanches naître, elle a su mes règles. Et, de tout aussi loin, elle a vu mon corps grandir et grossir, échapper à la courbe, devenir trop, devenir autre, quitter la norme », écrit Pelatan. Peut-être même qu’elle trouve finalement la réponse à la question suivante : Lorsque le corps idéal est conçu comme le lieu du standard, comment s’approprier son propre corps ? Question ô combien actuelle à l’heure des selfies à gogos et de la mise en scène de soi. Un très beau premier roman !

La mention des lecteurs : « Souviens-toi des monstres« , JL d’Asciano, Aux Forges de Vulcain

On vous en parle en vidéo. Ce livre même s’il n’est pas un prix littéraire à proprement parler est à lire et vaut le détour.

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