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Héroïnes inspirantes #6 – Claire

Ernest Mag Claire

Sixième épisode de notre série sur les héroïnes de romans inspirantes pour les femmes d’aujourd’hui et de demain. La femme du jour, Claire, est une femme qui ne veut pas renoncer au désir. Elle est prête à tout pour cela. Et elle le fait avec habileté, humour et surtout une conviction forte. Elle est le personnage principal de “Celle que vous croyez” de Camille Laurens.

Ernest Mag Camille LaurensClaire a 48 ans. Elle est prof et divorcée. Pour surveiller son amant, elle crée un faux profil sur Facebook. Cela lui permet de se changer, elle. Ainsi, elle devient, une belle brune de 24 ans. Cette identité nouvelle lui permet d’exprimer réellement son désir. Ses désirs. Ainsi, elle se met à converser avec Christophe.

Celle qui ne voulait pas renoncer au désir

L’identité numérique permet à Claire d’oser des choses qu’elle n’ose pas dans la vie réelle. Elle se découvre conquérante, affirmée et réellement séduisante. Claire dans sa démarche est une femme d’aujourd’hui. Son parcours est celui d’une femme qui a connu les joies et les peines de la vie amoureuses mais qui ne veut pas abdiquer.

Le propos est un propos défenseur de la femme. En général, mais aussi de la femme qui passé un certain âge, ne se sent plus désirable. De la femme qui est consciente du désir qui l’anime encore. De la femme qui doit toujours se faire sa place laissée aux femmes dans ce monde d’hommes. De la femme qui sait l’injustice liée à son sexe dans l’imaginaire collectif. Claire est une femme inspirante. Parce qu’elle ose et qu’elle va au bout du bout de sa démarche.

Extraits du livre qui en disent, un peu plus, sur Claire

“Le désir veut conquérir et l’amour veut retenir. Le désir, c’est avoir quelque chose à gagner, et l’amour quelque chose à perdre.”

“Les hommes mûrissent les femmes vieillissent.”

“Ça me rappelle ce passage terrible dans Belle du Seigneur… Albert Cohen a créé ce personnage emblématique du mâle, Solal, qui compare la rivalité des hommes auprès des femmes à un combat de babouins : les babouins se battent pour une femelle, et c’est le plus fort qui gagne, et le plus fort c’est le plus grand, et celui qui a les dents les plus belles. Qu’il lui manque dix centimètres ou un dent de devant, et c’en est fini du désir, fini de la grande histoire d’amour ! Cohen nous fait passer pour des idiotes, nous les femmes, mais est-ce que les hommes ne sont pas pires, infiniment plus dépendants encore de notre beauté, de notre apparence ?”

“Vous la connaissez , celle-là? ” Quel super-pouvoir acquiérent les femmes de cinquante-ans ? Elles deviennent invisibles !”

“Son sexe dur est mon trophée, je le caresse à travers l’étoffe de son pantalon que je déboutonne. Un homme qui bande, c’est merveilleux pour une femme, c’est son sceptre, je me demande si les hommes le savent. (…) Pour moi c’est une ivresse, un règne et une abdication, le point d’évanouissement de toute méfiance, je deviens reine et rien.”

Le désir nous fait éprouver le vide, c’est vrai, le puissant chaos qui nous environne et nous constitue, mais ce vide, on l’éprouve comme le funambule sur son fil, on le tâte comme l’équilibriste quand il y balance sa jambe, on est à deux doigts du désastre et de la chute, de l’angoisse mortelle, et pourtant, on est là, tout vibrant d’une présence agrandie, décuplée, immense, on se déploie dans le chaos, retenu par le seul fil de ce qui nous lie à l’autre, notre compagnon de vide, notre funambule jumeau.

“Vous connaissez ce sketch, je ne sais plus de qui, sur la date de péremption des boîtes de conserve : ” A consommer jusqu’au 25 mars 2014. ” Mais qu’est-ce qui se passe au fond de cette boîte dans la nuit du 25 au 26 ? Nous les femmes, nous sommes toutes des boîtes de conserve.”

“Nous sommes tous, dans les fictions continues de nos vies, dans nos mensonges, dans nos accomodements avec la réalité, dans notre désir de possession, de domination, de maîtrise de l’autre, nous sommes tous des romanciers en puissance. Nous inventons tous notre vie.”

“Car elle essaie de tout maîtriser, par le mensonge ou par le rire. Mon prédécesseur avait noté son goût pour la fiction et pour les histoires drôles – pour les histoires en général. Elle aime raconter. Il indiquait d’ailleurs la différence, chez elle, entre l’ironie, qui blesse ou détruit, et l’humour, qui est une force vitale, qui restaure. Notre patiente manie très bien les deux, elle agresse ou elle détend l’autre, mais c’est toujours une façon de se protéger. Les blagues tiennent le réel à distance, l’ironie aborde le tragique tout en s’en gardant, elle fait de l’esprit pour ne pas périr.”

Toutes nos héroïnes inspirantes sont ici.

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