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Le livre : cristal de l’entreprise

Quino Al 221806
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Le livre est partout. Même en entreprise. Attention, nous ne vous parlons pas de livres de management, mais bel et bien de rencontres littéraires. Chez PWC. La dernière rencontre des lettres de Crystal a reçu la romancière talentueuse Kaouther Adimi. Il fut notamment question de la place du livre et des librairies dans nos villes.

Lors des mariages juifs, le marié casse avec son pied, un verre en cristal. Symbole qui rappelle que même lorsque le mariage est malmené, il peut malgré tout se remettre. Cela pour une raison : le cristal est la seule matière qui, une fois que le verre est cassé, peut se refondre et surtout se reformer pour créer quelque chose de nouveau. Aussi, ce n’est pas un hasard si l’initiative prise par la Fondation PwC, avec le concours du senior advisor et écrivain David Brunat, se nomme les lettres de Crystal. (Avec un Y pour le jeu de mots puisque l’immeuble parisien de l’entreprise se nomme le Crystal Park).  Les Lettres de Crystal, c’est la volonté affirmée de l’entreprise et de sa direction d’offrir à son management une respiration culturelle. Façon de rappeler que le livre et plus largement les humanités ont toute leur place au sein de l’entreprise.

Le livre et les humanités : lien d’entreprise

Ernest Mag Adimi Normand

Kaouther Adimi par Patrice Normand

Depuis deux ans que l’initiative a été lancée, de nombreux écrivains sont venus échanger sur leurs ouvrages avec les managers de l’entreprise. Le premier écrivain à jouer le jeu fut Nicolas d’Estienne d’Orves, puis Hervé Gaymard, etc. Ces rencontres sont devenues très populaires chez PwC et regardées comme un projet d’entreprise à part entière. Sont également venues la philosophe Marielle Macé et la spécialiste de l’IA et des robots Laurence Devillers. Ainsi que l’ancien magistrat Philippe Bilger, le spécialiste de l’Orient René Guitton, le sociologue Bertrand Pulman spécialiste de sport – santé – bien-être. Au final, les sujets sont variés ainsi que les profils des auteurs et les ouvrages. Plus globalement, cela est un moyen d’illustrer l’apport des « humanités » et du livre dans le monde de l’entreprise, de montrer qu’il est bon de prendre du recul et de faire un pas de côté.

La dernière rencontre en date en fut encore l’illustration éclatante. En effet, au milieu d’un parterre de managers, la jeune et prometteuse Kaouther Adimi est venue présenter son dernier roman « Nos richesses » paru chez Seuil. Dans ce livre il est notamment question de ce stagiaire Ryad, étudiant à Paris mais qui vient à Alger pour vider la librairie : « Les Vraies Richesses » créée par Edmond Charlot (autre personnage du livre) dans les années 20. Charlot qui fut le premier éditeur d’Albert Camus et éditeur de la France Libre pendant l’occupation. Dans ce roman subtil, il est question de la place du livre et des librairies dans nos vies et dans nos villes.

Le livre comme un cristal capable de refaire un quartier, une ville, et évidemment des équipes de management. De les souder aussi. L’initiative prise par PwC est donc intéressante à plus d’un titre. Au premier rang : le fait que le livre est l’ode d’un autre temps, d’un autre rythme, et d’une autre approche que celle compétitive de l’entreprise. Façon de nous rappeler que certaines choses nous dépassent et surtout nous nourrissent.

Ernest Mag Nos Richesse AdimiCritique : « Nos Richesses » de Kaouther Adimi
Le livre mixe l’histoire actuelle de Ryad venu à Alger pour vider les locaux de la librairie les « Vraies Richesses » et les cahiers imaginaires d’Edmond Charlot, premier éditeur de Camus. L’écriture d’Adimi est fluide, dense et intense. Les personnages sont portés par l’amour ou le non amour des livres. Nous oscillons entre l’Algérie d’aujourd’hui et celle d’hier. Surtout, le vieil Abdallah, gardien du temple veille sur le local que Ryad doit débarrasser. Petit à petit on se rend compte qu’une librairie, dans une ville ou un quartier, c’est bien plus qu’une simple boutique. Ce n’est pas sur Ernest, où nous avons lancé l’opération #makeourbooksellersgreatagain que nous dirons le contraire. Un très beau moment de lecture.

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