L’été est propice à la coquinerie. L’occasion rêvée pour vous procurer les romans érotiques que Virginie Bégaudeau a sélectionné pour vous. Elle a choisi le meilleur. La crème de la crème. Et si on se laissait tenter ?
“L’aventure c’est l’aventure”, nouvelles érotiques
« Autant le dire toute de suite, aucun homme n’a jamais compris mon plaisir. Je devrais dire mes plaisirs, parce qu’ils sont multiples. Quelques partenaires intuitifs s’en approchent parfois ou en saisissent une partie, mais aucun n’a deviné le plus fort, celui pour lequel je donnerais tous les autres. »
Pour l’été, rien de tel qu’un moment d’extase, de plaisir pur, pour sublimer les chaudes soirées. Une période propice à tous les fantasmes, souvent accentués par l’ivresse nocturne. Et disons-le, la chaleur sur ma peau et la promiscuité des corps presque nus me permet de plonger dans une rêverie terriblement excitante. Les nouvelles de Julie Bray sont alors parfaites pour accompagner mes lubies lubriques au bord de l’eau.
Excitante audace
Libertinages, grandes émotions, ces courts textes n’ont pas la prétention d’être des classiques de la littérature érotique, mais leur audace m’a conquise. Des héroïnes opportunistes dont j’aurais pu faire partie qui enflamment les sens. Du sexe. Des caresses. Un coup de fouet au milieu des lits réchauffés. De quoi aborder les festivités estivales avec une jouissance immédiate. La promesse d’orgasmes ensoleillés en solo ou à plusieurs. La promesse de vacances troublantes. J’ai choisi de m’engager dans cette lecture comme une actrice des aventures libidineuses des personnages assoiffés de chair et en quête d’expérience incroyablement lubriques. Accessibles. Réalisables. Ces scénarii à peine fantasmés sont à la portée de toutes les humeurs.
Retour au manoir, Emma Cavalier
Le plus d’une saga c’est lorsque les volumes peuvent se lire indépendamment les uns des autres. Pourquoi ? Parce que le lecteur est emporté par le thème et non par l’ensemble. En érotisme, c’est d’autant plus important. Avec Emma Cavalier et sa trilogie « Le Manoir », j’ai ce plaisir, presque virginal, de découvrir une histoire déjà plantée, ancrée dans un univers où regorgent fantasmes et histoires. Une histoire prête à me soulever dans tous les sens.
Réussite magistrale
Pauline, l’héroïne, est en pleine résolution de l’équation femme-mère…soumise. Installée dans la demeure familiale de son amour et Maître, Julien, elle se retrouve près de sa belle-sœur, venue poser ses bagages au Manoir. Julien a tout appris à Pauline et celui-ci compte voir ses leçons mis en exergue, et féliciter l’apprentissage de sa soumise. Une question de transmission et de conversion. Car si la sœur de Julien a toujours rejeté le mode de vie dissolu de la famille, elle saura se plier aux règles de la turpitude dictées par son frère et Pauline. Quand à cette dernière, elle devra, entre orgasme et douleur, protéger son amour pour l’homme qui a tant fait pour son corps et son avenir. Le texte est puissant, l’écriture enlevée et terriblement excitante. Et au-delà du sexe, il y a l’amour absolu, sans concession, entre la soumise et le Maître. Loin des clichés du genre et aussi décadent que fantasque. Une réussite magistrale où la jouissance est mise en perspective avec la souffrance.
Adélie, la pie voleuse. Intégrale de nuit indienne et la cinéaste Artoupan, Labremure
Mon coup de cœur absolu est d’une richesse folle. Du sexe, de l’histoire, du sexe, du suspens, du sexe. Et surtout un talent incroyable. L’intégral de ces deux auteurs est un bijou. Ils ont relevé le pari de mêler aventures et pornographie, le tout soulevé par un univers fort que les décors du début XXe subliment.
Deux thèmes s’articulent autour d’Adélie, la pie voleuse ennemie numéro 1 du vieux préfet : l’intime et l’inaccessible. Deux thèmes au-delà du fantasme et du désir, sensible, de la jouissance incontrôlable.
Du cul de belle facture
Pour le spectacle, je suis la jolie rouquine aux mœurs libertines, traquée par un fonctionnaire lésé par des vols. Au grès de mes pérégrinations lubriques, le majordome Latourette m’aider à assouvir ma vengeance entrecoupées de plaisir insoupçonné. L’ile de Capri devient alors le théâtre de toutes les turpitudes, de tous les fantasmes qu’une femme osent, sinon avouer, assouvir sans une once d’embarras.
Je me sens libre d’exécuter des caresses, des actes et des mises en scènes qui dépassent l’imagination. La mienne. Mais quelle extase de savourer ces délices érotiques. Je retrouve l’élégance du trait unique d’Artoupan qui rend hommage aux corps, avec une mention toute particulière pour les érections diablement réalistes. Une tribu de personnages exceptionnelle qui rappelle des classiques de la bande-dessinée. Une bande perverse dont j’ai fait partie le temps d’une lecture chaude où, haletante, j’ai recouvré un souffle de plaisir presque enfoui. Une inspiration pour le genre. Une pièce d’une qualité indescriptible.
Du cul de belle facture, comme on dit.



