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Humaniste hôtel

Ernest Vendredi Marchand Apache

Cet hôtel dans lequel prend place la joyeuse bande mise en scène par Gilles Marchand a un petit quelque chose du mythique Chelsea Hôtel. Chacun y vient, y apporte son être profond, sa bonne humeur, ses défauts et ses bagages de vie. Les autres partagent. Chacun y trouve forcément quelque chose. Pas ce qu’il était venu y chercher d’ailleurs, mais justement ce qu’il n’avait absolument pas prévu de trouver. C’est cette histoire de Jolène, de Jésus et de tous les autres que narre avec drôlerie, intelligence et sensibilité Gilles Marchand.

La différence comme un enrichissement

Chacun des personnages de cette histoire a des aspérités. Celles-ci les ont le plus souvent conduit à des accidents de vie, à des chemins escarpés. A des pertes, des failles, des béances. Quand ils se retouvent par les hasards magiques de la vie dans l’hôtel de Jesus et qu’ils sont face à une forme de bêtise institutionnelle, les camarades se mettent en (marche) ou plutôt en mouvement pour résister. Pour vivre, pour aimer et juste pour être. C’est alors la révolte des éclopés de la vie que racontent avec un rythme rock et joyeux Gilles Marchand. Nous vous avions déjà vanté, ici, les atouts de l’écriture légère et profonde, vive et lente de Gilles Marchand. Nous réitérons amplement tant ce « Requiem pour une apache » est un livre virevoltant, interpellant, joyeux, drôle, et émouvant. A travers l’histoire de ces éclopés, Marchand trace les lignes bien réels d’un humanisme fort au sein duquel chacun peut trouver une place dans la chaîne de ses semblables, ou plutôt dans la chaîne commune des différents. La différence étant ici un enrichissement qui permet de s’unir plutôt que la construction d’un mur insurmontable. Au fond, Marchand nous apprend à nouveau comment dire « nous » avant de dire « je ». Ou plutôt à le dire en même temps. Une vraie belle surprise de cette rentrée ! Bien meilleure que les baudruches dont tout le monde parle !

« Requiem pour une apache », Gilles Marchand, Aux forges de Vulcain, 20 euros.

Tous les vendredis lectures d’Ernest

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