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Une escapade joyeuse et enlevée

Ernest Mag Blondel Vendredi Escapade

Quelle est la différence entre le beaujolais nouveau et Jean-Philippe Blondel ? Pas d’idées ? Allez, nous vous donnons la réponse. Comme le Beaujolais nouveau, Jean-Philippe Blondel revient dans les librairies régulièrement. Parfois d’une année sur l’autre. Mais à la différence de la boisson au « goût de banane » du mois de novembre, à chaque nouveau cru, Jean-Philippe Blondel gagne en profondeur, en épaisseur littéraire et en capacité de surprise de son lecteur. Son nouveau roman « La grande escapade » qui paraît chez Buchet-Chastel en cette rentrée explore une nouvelle facette de cet auteur. Son humour. Alors que dans ses livres précédents qu’il FAUT TOUS LIRE (on en parle ici et là, notamment), Blondel jouait sur les nuances, sur les failles, sur les nœuds de nos intimités, dans ce nouveau livre, il prend le lecteur à témoin pour rire de la situation qu’il dépeint avec toujours autant de savoir faire impressionniste sur les sentiments, les petites victoires et les grandes défaites de nos vies.

Blondel, auteur humaniste et intimiste

Dans ce nouveau roman d’une délicatesse superbe nous sommes dans les années 70. Au moment de l’enfance. Un territoire que Blondel n’avait pas encore exploré. Nous sommes en province à l’école Denis-Diderot en briques orange, le jardin public, le terrain vague. Et surtout, les habitants du groupe scolaire. Cette troupe d’instits qui se figuraient encore être des passeurs de savoir et qui vivaient là, avec leurs familles. La quatrième de couv nous aide à planter le décor : 1975-1976 ou des années de bascule : les premières alertes sérieuses sur l’état écologique et environnemental de la terre ; un nouveau président de droite qui promet de changer la société mais qui nomme Raymond Barre premier ministre ; les femmes qui relèvent la tête ; la mixité imposée dans les écoles… Cette période durant laquelle des changements profonds se mettent en branle. Cette grande Histoire va aussi s’immiscer dans l’histoire des différents personnages, tous héros du livre.  Il y a les Coudrier, les Goubert, les Lorrain et les Ferrant ; il y a Francine, Marie-Dominique et Janick. Tous campent une forme de stéréotypes de l’époque. Tous sont scrutés par le regard de Philippe, le jeune narrateur de l’histoire. Comme dans tous ses livres, Blondel au travers de l’auscultation minutieuse et tendres des qualités, des défauts et des stéréotypes de ses personnages se pose en impressionniste de l’humain, en humaniste de la littérature. Toujours en nuances et en subtilités. Pour faire rire, pleurer, et réfléchir. Le Blondel nouveau est arrivé, et nous l’aimons d’une tendresse immense.

« La grande escapade », Jean-Philippe Blondel, Buchet-Chastel.

Tous les vendredis lecture d’Ernest sont là.

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