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Marlène Schiappa : « J’ai tout fait pour ne pas être Emma Bovary »

MICALLEF-SCHIAPPA

Marlène Schiappa est peut-être l'une des personnalités politiques les plus étonnantes et détonantes de ces dernières années. Et en plus elle écrit. En général, quand on écrit on lit aussi. Rencontre littéraire avec Marlène Schiappa.

©Photos Anthony Micallef

A ses heures perdues, la ministre écrit beaucoup. D'ailleurs, depuis 2017, et son entrée au gouvernement MICALLEF SCHIAPPA 21Philippe la ministre a sorti pas moins de trois livres. Et comme celles et ceux qui écrivent, en général, lisent beaucoup, nous avons eu envie d’aller discuter littérature avec Marlène Schiappa. L’invitation lancée, son conseiller en communication appelle immédiatement pour confirmer que la ministre est partante. Est-ce par amour de la littérature ? Par stratégie de communication ? Sans doute un peu des deux. Aborder quelqu'un en l'interrogeant sur ses lectures est de toute façon une manière intéressante de découvrir sa personnalité, ses influences. Sans surprise, on parle beaucoup féminisme et de livres de femmes. Un thème revient souvent : la maternité, décidément un thème très cher à Marlène Schiappa, qui est arrivée en politique par son engagement dans le blog « maman travaille ». Un féminisme proche de celui d'Antoinette Fouque, qui valorise la maternité, et même la « maternitude ». Le livre « MLF, psychanalyse et politique » qui retrace l'histoire de ce courant est d'ailleurs bien en évidence sur l'une des tables de son bureau.

MICALLEF SCHIAPPA 18Dans ce ministère du 7e arrondissement, les livres – des essais, ou des livres d'actualité - sont très présents, sur les tables, dans une bibliothèque. Ce sont en majorité des livres sur le féminisme mais aussi sur la laïcité. Son dernier livre, « Une et indivisible », plaidoyer républicain, trône dans plusieurs endroits, notamment à côté d'un recueil d’œuvres de Jaurès « Laïcité et unité ».

Sur la table au milieu du coin canapé, l’exemplaire du Point avec l'ancienne journaliste de Charlie hebdo, MICALLEF SCHIAPPA 15Zineb el Rhazoui en couverture. Un peu partout, on peut découvrir un panel de tous les livres féministes sortis récemment. Le livre d'Astrid de Villaines, « Harcelées », ex-journaliste de LCP qui avait porté plainte contre un journaliste de la chaîne pour agression sexuelle, et qui est une enquête sur le harcèlement au travail.  Il y a aussi « Toutes des salopes, comment faire d'une insulte un étendard féministe », d’Adeline Anfray, que Marlène Schiappa évoque dans l'interview. Dans sa bibliothèque, certains livres sont debout, mis en exergue : « Judith, Lola, Sofia et moi », de Robin d'Angelo, enquête sur la violence dans l'industrie du porno.

MICALLEF SCHIAPPA 22Toutefois, si la présence des livres est réelle et rassurante, on reste bel et bien dans un bureau gouvernemental. On peut voir ainsi « Révolution », livre publié en début de campagne par d'Emmanuel Macron. On repère aussi « L'entreprise doit changer le monde », de Jean-Marc Borello, figure de l'économie sociale et solidaire, mais surtout accusé d'agression sexuelle par plusieurs hommes, il avait fait l'objet d'une enquête à ce sujet dans Libé. Surprenant, pour une secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes  et de la lutte contre les discriminations. Marlène Schiappa c'est aussi et surtout une figure de la Macronie, membre exécutif du bureau de La République en Marche. Interview d'une secrétaire d'État pleine de paradoxes.

 

MICALLEF SCHIAPPA 02Depuis que vous êtes Secrétaire d’État, vous gardez le temps de lire ?

Depuis que je suis au gouvernement, je lis surtout des essais, qui nourrissent ma réflexion. J'ai du mal à lire des romans ou de la fiction. Mais je prends le temps de lire ! Si j'ai le choix entre lire ou dormir je préfère lire, ou encore écrire. Mais pour écrire, il faut lire. On se tarit vite si on ne lit pas.  Et surtout j'ai un toc, je ne peux pas m'endormir sans avoir lu. Je viens de commencer le dernier roman de Claire Léost. « Le monde à nos pieds ». Elle y raconte une histoire d'amitié avec des camarades de classe de Sciences Po, comment chacun évolue et se retrouve plus tard. C'est à la fois nostalgique et révélateur de l'époque.

Quels sont vos premiers souvenirs de lecture ?