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Rechercher la beauté

Ernest Mag Beaute

« L’écrivain doit aller chercher de la beauté ». Depuis que Leonor de Récondo a prononcé cette phrase lors de l’entretien lumineux qu’elle nous a accordé, une question taraude : et si nous étions tous destinés à aller chercher de la beauté. Et si la recherche de la beauté – en guidant notre action – tel des artistes de nos vies et donc du monde était peut-être l’une des solutions à l’atonie générale et pouvait finalement devenir l’utopie concrète de demain ?
Évidemment, chacun peut trouver de la beauté dans les arts, dans sa vie ou dans ce qu’il souhaite. La trouver est finalement aisé. Mais que veut dire « aller chercher la beauté » ?  Gainsbourg ne disait-il pas que la laideur était supérieure à la beauté car elle, au moins, elle dure ?

Au fond, la mission que Léonor de Recondo assigne à l’écrivain peut en fait vouloir dire la chose suivante : et si la beauté se situait dans ce qui va venir et dans ce qui va être créé pour notre action en faveur de la recherche de cette beauté ? Imaginer cette signification veut finalement dire qu’à l’instar de l’écrivain ou du créateur, chacun et chacune de nous, peut trouver dans ce qu’il y a à venir une source d’or qui lui permettra de mieux construire, pour lui et pour les autres.
En fait, la recherche de la beauté est bel et bien une philosophie de vie. Un état d’esprit qui conduit à se tourner vers l’autre. A l’accepter comme tel et à voir en lui ce qu’il y a de meilleur.

La recherche de la beauté, ce n’est pas une philosophie de béni oui-oui, au contraire. Elle est la promesse d’œuvrer seul et ensemble à l’émergence d’un monde sans laideur. Ou du moins de contribuer chacun selon ses possibilités à en construire un. Ainsi, chacun et chacune en cherchant cette imperceptible étoile se tournera vers un idéal plus lumineux. Chacun et chacune seront ainsi – comme Leonor de Récondo – les écrivains de leur existence, donnant ainsi à leur entourage pour commencer ce qu’un écrivain peut donner à ses lecteurs. 
Dans la droite ligne de ces quelques vers de Baudelaire dans son « hymne à la beauté ».

Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton oeil, ton souris, ton pied, m’ouvrent la porte
D’un Infini que j’aime et n’ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu’importe ? Ange ou Sirène,
Qu’importe, si tu rends, – fée aux yeux de velours,
Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! –
L’univers moins hideux et les instants moins lourds ?

Tous les éditos d’Ernest.

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