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Deux femmes parfaites

Ernest Mag Deux Femmes Vendredi

Revenir et faire découvrir des livres qui ne sont pas forcément récents, c’est aussi – à nos yeux – le rôle d’un média littéraire novateur et différent. Cette semaine, dans le #vendredilecture, nous partons à la découverte d’un livre paru en Hollande en 1975 et en France en 1986. Ce livre est signé Harry Mulisch. Mulisch, ce nom vous dit forcément quelque chose à vous lectrices et lecteurs d’Ernest. Il est l’auteur de l’un des plus grands romans européens contemporains : « La découverte du ciel » roman foisonnant et puissant. Le livre de cette semaine est moins connu mais tout aussi fort. « Deux femmes », paru chez Actes Sud Babel, raconte l’histoire de Laura et Sylvia. Laura vient d’enterrer sa mère et de divorcer. Elle vit à Amasterdam quand sa vie croise la route de Sylvia. Entre elles se noue quelque chose d’évident. Un lien indélébile et puissant qui les emmène dans une autre forme de dimension et dans un vécu qu’elles n’auraient – ni l’une, ni l’autre – pu imaginer.

Une épopée humaine et intime forte

La voix de Laura est celle du narrateur. Elle dit la sensualité, la peur, la perte, l’abandon, le besoin de l’autre, les loyautés que l’on crée. Le récit est intense, bouleversant, et émouvant. C’est une histoire d’amour simple, touchante, normale et d’une très grande beauté. Un livre qui confirme à quel point Harry Mulisch est un auteur d’un immense talent. Un auteur qu’il est indispensable de lire. Un auteur qui sait raconter les épopées humaines. Qu’elles soient collectives comme dans « La découverte du ciel », ou plus intime et individuelle comme dans « Deux Femmes ». Ce moment de lecture vous ravira. Vous pourrez ensuite offrir le livre à ceux dont vous savez qu’ils seront sensibles au pas de côté et à la découverte. Vous vous le passerez comme un viatique d’initiés.

Extrait : « Mais ces imperfections allaient toutes dans le même sens, et ce sens, mystérieusement, était fait pour mes sens. Tout corps humain est un ensemble de messages ; on s’accorde à le reconnaître des yeux, de la bouche, ou des mains ; mais les pieds, la nuque, les mollets tiennent eux aussi un langage, et qui ignore le mensonge. Enlevez la tête et les bras, il n’en reste pas moins un message idéal qui a sa place au Louvre. »

Tous les #vendredilecture d’Ernest sont là.

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