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Héroïnes inspirantes #2 – Corrine

Ernest Mag Femmes Newyork

Deuxième épisode de notre série sur les héroïnes de romans inspirantes pour les femmes d’aujourd’hui et de demain. Aujourd’hui, nous vous présentons Corrine Calloway. Elle est l’héroïne des romans de Jay McInerney . Corinne est une femme profonde et intelligente. Une femme qui emprunte un chemin initiatique de libération.

Ernest Mag Corinne

Sur la couverture de “30 ans et des poussières”

Corrine Calloway est d’une génération différente de celle de Victoria. Elle est un peu plus âgée. D’une petite dizaine d’années. Cela compte. Toutefois, l’évolution que Corrine Calloway va connaître dans les trois romans de Jay McInerney – 30 ans et des poussières, La belle vie et Les jours enfuis – est une évolution réellement libératrice. Une évolution qui fait passer Corrine d’une femme quelque peu engoncée dans ses présupposés d’éducation.

Chemin initiatique de libération et d’affirmation

Et pourtant, petit à petit Corrine s’affirme. D’abord en se rendant compte dans « La Belle vie » qu’elle ne peut pas se contenter d’être la femme de son Russel de mari. Ensuite, en s’épanouissant dans son travail, en jonglant pour éduquer ses enfants, mais aussi en s’engageant – en tant que bénévole – dans des associations.

Corrine Calloway au fur et à mesure que le temps passe devient un personnage de plus en plus important dans la trilogie de McInerney. Dans les “Jours enfuis”, elle est même la voix de l’auteur. “Corinne reste la vedette de ce troisième livre. J’aime ce personnage complexe, nostalgique, éruptif. Ce personnage qui s’interroge tout le temps mais qui vit les choses entièrement”, confiait d’ailleurs à Ernest McInerney.

Dans “30 ans et des poussières”, son regard n’est pas mis en valeur. Seul celui de Russel compte. Nous sommes en 1987. Dans « La Belle vie », son regard est à l’équilibre avec celui de son mari. Voire même légèrement plus important dans la trame narrative. Nous sommes en 2001. Dans les « Jours enfuis », Corrine est certainement le personnage le plus important. Elle se questionne, oscille entre la poursuite d’une construction maritale avec des hauts et des bas, mais aussi la volonté de se demander si elle ne devrait pas vivre une dernière fois à 50 ans un amour pur et puissant avec son amant. Corrine a tellement évolué tout au long des années qu’elle est devenue une femme plus affirmée, plus sûre d’elle, plus exigeante aussi. Elle ne se contente plus d’être simplement bien. Elle a besoin de se sentir femme et d’être pleinement affirmée dans son rôle de mère et dans son travail. La Corrine de “30 ans et des poussières” était une trentenaire de son époque, la Corrine des “jours enfuis” a 50 ans, mais elle a la mentalité d’une trentenaire d’aujourd’hui. De celle qui veut tout mener de front, avec brio et courage. De celle qui y parvient. Une évolution superbe qui dit aussi que McInerney est l’un des grands peintres contemporains de nos vies humaines.

Extrait des livres qui racontent, en partie, Corrine :

” Les couples les plus solides, comme les bateaux les plus résistants, sont ceux qui savent essuyer les tempêtes. Ils prennent l’eau, tanguent, donnent de la bande et sont proches de couler, puis ils se redressent et font cap vers l’horizon.”

“Les mariages sont faits de différents chapitres, et certains sont plus sombres que d’autres. Elle voulait ce qu’elle voulait. Elle voulait Luke”

“Au temps du lycée, elle n’aurait jamais cru possible d’aimer deux personnes à la fois, mais elle savait désormais que ça l’était. Et la triste vérité était que la possession émousse le désir, tandis que l’amant inaccessible chatoie à la lisière de l’esprit comme une étoile brillante, fichée dans le cœur, tel un éclat de cristal”.

“Elle n’avait jamais été du genre à désirer une vie au-dessus de ses moyens, mais elle voulait désespérément cette maison et elle se dit que si elle trouvait une façon de l’obtenir pour sa famille, elle serait satisfaite de son sort et de l’homme qu’elle avait épousé. Alors, elle ne rêverait plus d’autre chose”.

“Elle attendait depuis une heure le moment de dire ça et voilà que l’ayant finalement bredouillé au dessert, ne recevant aucune réponse immédiate de Russell, elle se demandait si elle ne s’était pas, une fois de plus, imaginé seulement qu’elle le disait. Il était plongé dans l’examen de l’étiquette du vin et elle n’était, même pas sûre qu’il l’écoutât. Il finit par lever les yeux sur elle.”

“Comment peux-tu aimer les Clash, un groupe punk révolutionnaire, et vendre en même temps des actions ? C’était là le mystère inexplicable d’être Corrine Calloway à l’âge de trente et un an.”

“Les hommes parlent aux femmes pour pouvoir coucher avec elles; les femmes couchent avec les hommes pour pouvoir leur parler.”

“Une soirée c’est comme la vie conjugale : elle s’invente au fur et à mesure en ayant l’air de se conformer à un modèle pré-existant, filant sur des rails d’acier en pleine forêt vierge tandis que les promesses tremblent et vacillent sur les accoudoirs comme des verres en cristal.”

Toutes nos héroïnes inspirantes sont ici.

Photo de Une : Photo credit: regolare on VisualHunt / CC BY-NC-SA

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