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Jalousies en Gaspésie

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Roxanne Bouchard a du talent, épisode 2. Après l’avoir longuement interrogée à propos de son premier roman, Philippe Lemaire conseille avec fougue le nouveau polar de cette autrice québecoise pleine de talent.

BOUCHARD La Mariée De Corail (2)Un polar de terroir vivifié par l’air du large, une couleur locale qui parle à tous, des caractères frustes qui s’avèrent attachants. Au jeu des paradoxes, la Québécoise Roxanne Bouchard est irrésistible. Prix des lecteurs au dernier festival Quais du Polar avec « Nous étions le sel de la mer » (dont elle avait longuement parlé à Ernest), elle revient nous charmer avec une autre énigme policière ancrée sur les rivages de l’austère Gaspésie, cette péninsule qui borde au sud l’embouchure du Saint-Laurent.

Un roman noir empli d’humanité

Elle nous embarque sur un schéma classique où, face à une disparition suspecte, un flic chamboulé par son divorce remonte une cascade de fausses pistes. Sur cette trame éprouvée, elle fait la différence par sa verve, son casting et son habileté à recentrer l’histoire sur le mobile : l’inventaire des jalousies et des haines que couve ce village de pêcheurs canadien vaut en définitive pour n’importe quelle communauté sur la planète. « C’est malheureusement ça, la normalité : la souffrance qui se mêle à l’ordinaire », philosophe son héros récurrent, l’inspecteur Moralès, au sang mexicain, qui ne sait plus où il habite. Sous l’empilement des casiers à homards et des quotas de cabillaud, ce beau roman noir déborde d’humanité.

« La mariée de corail », Roxanne Bouchard, L’Aube noire, 456 pages, 22 euros

Tous les regards noirs de Philippe Lemaire sont là.

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