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Sœurs d’armes !

Becca Tapert U5e1kqW6E3M Unsplash

Sophie, Anne, Simone, Rachel, Caroline, Delphine, Sarah, Nina, Marlène, Mylène, Stéphanie, Déborah, Leila, Joanna, Aude, Sandrine, Pierre, David, Cédric, Macéo, Moussa, Fred, Erwan, Julien, Vincent, Sylvain, Patrick, Michel, Simon, Florian, Gilles, Olivier. Sœurs d’armes. L’homme est une sœur comme les autres. La femme est un frère comme les autres. Je suis une sœur comme les autres.

En cette veille du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, l’envie de partager les combats. Non pas les combats des femmes. Les combats humains. Combat humain pour une égalité toujours plus importante et toujours plus réelle. Combat humain pour une meilleure répartition des rôles dans les taches quotidiennes. Combat humain pour une capacité à exprimer ses désirs profonds. Combat humain pour aller ensemble vers le mieux. Combat humain pour une quête pleine et entière du plaisir charnel. Combat humain pour une égalité salariale réelle à compétences égales. Combat humain pour toutes les sœurs qui vivent dans des pays où le simple fait d’être une femme est un danger et est synonyme d’oppression. Combat humain pour l’autodétermination des corps. Combat humain pour une meilleure représentation des sœurs dans notre imaginaire collectif.

Imaginaire collectif qui gagnerait justement à faire plus de place aux différentes sœurs d’hier et d’aujourd’hui qui mènent en première ligne ces combats humains qui nous concernent toutes. Je pense ainsi ce matin à Sophie Scholl, héroïne discrète de la résistance allemande au nazisme. En créant avec son frère, Hans, le mouvement de la Rose Blanche, elle a distribué des tracts, et mobilisé des étudiants pour faire prendre conscience de la barbarie du régime nazi. Je pense aussi, ce matin, à Simone Séguoin, résistante française qui s’engagea aux côtés des partisans à 17 ans. Je pense à Margaret Hamilton qui a dirigé l’équipe d’ingénieurs qui mit au point le logiciel d’Apollo 11 qui enverra le premier homme sur la Lune.

Je pense également à Annette Kellerman nageuse australienne qui fut la première à porter un maillot de bain et fut vilipendée pour cela. Je pense à Valentina Tereskova, première cosmonaute à aller dans l’espace. Je pense à Marceline Loridan-Ivens pour la joie de vivre qu’elle conservera tout au long de sa vie avec Auschwitz pour bagage. Je pense à Svetlana Tikhanovskaïa, première opposante à l’autoritaire Alexandre Loukachenko en Biélorussie. Je pense à Anne Dufourmantelle, philosophe et psychanalyste qui mourut en sauvant un enfant de la noyade. Je pense aux combattantes du monde entier qui ont décidé d’aller se battre aux côtés des femmes kurdes contre l’Etat islamique immortalisées dans le très beau film de Caroline Fourest « Sœurs d’armes », justement.

La liste pourrait être encore longue. Très longue tant nos sœurs en humanité nous montrent souvent le chemin à suivre, avec courage, dignité, passion, intelligence et beauté.

Je pense à toutes ces sœurs qui souffrent aujourd’hui du fait d’agressions. Je pense à toutes ces sœurs qui sont toujours victimes de discrimination, qui sont toujours moins payées à compétences égales. Je pense à toutes ces sœurs qui se demandent comment tout gérer en même temps. Je pense à toutes ces sœurs infirmières, caissières, sous-préfètes, députées, autrices, policières, médecins etc… qui chaque jour, chaque minute œuvrent à créer une humanité meilleure et plus éclairée. 
Je pense à vous, aujourd’hui, mais au fond, je pense à vous tout le temps. Notre combat est le même. Notre combat est le combat humain. Celui de créer les conditions d’une vie ensemble toujours plus harmonieuse.
Merci ! Merci à vous les héroïnes du quotidien que nous célébrions l’an dernier à la même époque, merci à vous les « Ernestine » (ici et ), personnages de romans qui nous inspirent. Merci donc aussi à vous héroïnes du passé et du présent.
Je pense enfin à Romain Gary qui nous avait, peut-être, montré la voie en écrivant : « La formule femme égale de l’homme ne saurait suffire. Il s’agit de tout autre chose : il s’agit de changer l’homme. S’il y avait le moindre respect de la féminité, la sexualité aurait été depuis longtemps reconnue comme un partage et un échange, sans  prise et sans preneur, sans séduction et sans conquête ». Ensemble, sœurs et frères en humanité.

Bon dimanche,

L’édito paraît le dimanche dans l’Ernestine, notre lettre inspirante (inscrivez-vous c’est gratuit) et le lundi sur le site (abonnez-vous pour soutenir notre démarche)

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