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Iacono : « L’amusement est une part fondamentale de l’écriture et de la lecture »

ERNEST IACONO

Un roman fou et vraiment prenant. Une écriture virevoltante et puissante au service d'une histoire extraordinaire au premier sens du terme. Voilà ce qu'est le "Stradivarius de Goebbels" signé Yoann Iacono. Entretien avec ce primo romancier prometteur.

"Le Stradivarius de Goebbels" de Yoann Iacono est le phénomène de cette rentrée. C'est une découverte Ernest (nous vous en parlions ici) et les droits ont d'ores et déjà été acquis par J'ai Lu pour une édition de poche et par différents éditeurs étrangers pour la traduction. L'histoire de ce violon offerte à une prodige japonaise par le ministre de la propagande d'Hitler sert de trame à Yoann Iacono pour nous emmener dans un voyage et dans une enquête époustouflante écrite avec brio et style. Il est toujours réjouissant d'assister à la naissance d'un romancier. Yoann Iacono a accordé son premier entretien à Ernest, évidemment.

Comment avez-vous eu vent de cette histoire du stradivarius offert par Goebbels à Nejiko ?

Des amis musiciens installés au Japon m’en ont parlé peu après le décès de Nejiko Suwa en mars 2012 alors qu’elle avait 92 ans. Je séjournais chez eux à Tokyo et au cours d’une discussion le nom de Nejiko Suwa a résonné. Etonnamment ils n’avaient pas connaissance de cette affaire de Stradivarius, un seul détail les amusait : la tante russe de Nejiko, Anne Bubnova-Ono était aussi la tante par mariage de Yoko Ono, la Yoko Ono de John Lennon. Cette anecdote m’a marqué et de retour en France j’ai eu l’envie d’en savoir plus sur cette violoniste qui paraissait si célèbre au Japon. C’est là que j’ai découvert cette histoire ahurissante, ce cadeau empoisonné de Goebbels mais aussi cet épisode méconnu et si triste de la spoliation massive des instruments de musique par les nazis dans l’Europe occupée.

Le livre interroge la dimension politique de la musique en particulier et de l'art en général. Quelle est, selon vous, cette place ? Comment les pouvoirs politiques utilisent-ils l'art ?

Le Violon NovC’est vrai que c’est un thème sous-jacent de ce roman et je trouve que la musique est un excellent terreau de réflexion sur cette perméabilité entre art et politique. Il y a là une tension formidable pour un roman.