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Le vide créateur

Ernest Vide Pensees

Quelque part en France, un homme ou une femme, dans la retraite de la création travaille. Il ou elle imagine et s’imprègne du monde qui l’entoure pour pouvoir – peut-être – en raconter sensiblement l’une des facettes et faire ainsi de son roman l’une des clés de compréhension sensible que l’auteur offre aux lecteurs.

 Alors que notre pays vit des soubresauts importants, quelque part, un homme ou une femme écrit.

« Voici une chose étrange – presque comme un secret. Vous commencez à poser des mots et il y a trois choses – vous la plume et la page. Puis graduellement les trois choses fusionnent jusqu’à ce qu’elles n’en fassent plus qu’une ». Cette unité c’est le livre. Cet extrait est tiré de Jours de Travail de John Steinbeck, un journal inédit en Français que publient les éditions Seghers. Au-delà du travail de l’auteur au quotidien dans la rédaction de ce qui sera son chef d’œuvre « Les raisins de la colère », il y a aussi la façon dont l’écrivain se plonge dans le monde avant de s’en retirer pour créer.
Dans ce journal passionnant, Steinbeck raconte comment Tom Collins, directeur du camp de migrants en Californie, lui a inspiré en grande partie l’histoire de cette famille de cultivateurs de l’Oklahoma ruinée par l’industrialisation et la grande crise de 1929.

Et si la lumière venait du vide ?



Dans les mots de Steinbeck, il y a les doutes du créateur, mais aussi la beauté de la possibilité d’une universalisation de moments précis d’une vie. Surtout, il y a cet aller-retour entre plongée dans le monde pour le saisir, et plongée dans soi-même pour donner des mots aux maux du monde. Des mots sensibles qui deviendront universels.

 Dans cet aller-retour que pratique Steinbeck, mais aussi l’auteur qui actuellement est en train d’écrire un livre sur la crise française actuelle, il y a aussi plus largement une philosophie de vie. Aller vers et revenir. Faire le vide pour créer. Comme si du vide, du néant, du chaos surgit la lumière et la créativité. Comme dans le TsimTsoum si cher aux juifs et si essentiel à chaque  homme. Ce moment où Dieu (ou autre chose, peu importe) se retire pour laisser la place au vide puis à la création. En d’autres termes, c’est quand il n’y a plus rien des oripeaux de nos croyances passées que l’on peut inventer, se réinventer et ainsi se reconnecter au monde.

Tous les éditos d’Ernest sont là.

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