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Mai 68 au Meurice : exquis

Mai68 Etudiants Ouvriers

Notre opération colonnes ouvertes sur Facebook durant laquelle vous pouviez envoyer vos chroniques littéraires nous a permis de recevoir de très beaux textes. Aujourd’hui c’est au tour d’Emmanuelle Coutant avec « Le déjeuner des barricades » de Pauline Dreyfus. Un roman épique. Mai 68 à l’Hôtel Meurice.

Par Emmanuelle Coutant

Ernest Mag Dejeuner BarricadesParis 22 mai 1968, au plus fort des émeutes étudiantes parisiennes et de la grève généralisée qui paralyse totalement le pays. Les palaces parisiens font leur révolution ! Le personnel se réunit en assemblée générale et… s’assoit ! L’hôtel Meurice n’est pas en reste, et son personnel qui a décidé de renvoyer son directeur et de passer en autogestion, va passer une des journées les plus folles depuis sa création.
La révolte gronde en cuisine, le chef impose son menu au déjeuner de remise du prix Nimier au tout jeune écrivain Patrick Modiano, l’ex-directeur remplace la dame du vestiaire partie au chevet de son CRS de mari en plein service, l’ensemble des directeurs des palaces parisiens congédiés par leur personnel, se vautre dans les fauteuils du bar.
Rien n’arrête pour autant les excentricités des clients habitués et bloqués a Paris par les grèves, Florence Gould, Le couple Dali, J. Paul Getty (persuadé que les émeutiers vont bientôt le décapiter).

Une galerie de personnages haute en couleurs

C’est une vision très originale de cette période qui nous est offerte dans ce roman, en décalage des évènements feutrés par la porte tambour du palace, et remplie des fantasmes des résidents qui, s’identifiant par moment à Louis XVI et Marie Antoinette, imaginent leur dernière heure arrivée.

Une magnifique galerie de portraits qui fait la part belle au personnel de l’hôtel tiraillé entre son dévouement à l’établissement et un besoin de participer à l’émancipation générale, Sylvain le barman, Lucien le concierge (qui s’offusque de voir des clients moins bien habillés que le personnel), Roland le maître d’hôtel représentant syndical ou Denise la dame vestiaire forment une véritable famille.

L’écriture de Pauline Dreyfus est vive, alerte, remplie d’humour, d’ironie et de tendresse pour tous ces personnages qui pourraient devenir très facilement des caricatures, mais sont, au contraire, traités avec beaucoup de tendresse et d’humanité. Un très bon moment de lecture que je recommande vivement.

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