Qu’est-ce qu’une vie ? Qu’en retient-on ? Question universelle, question sempiternelle, question permanente pour celles et ceux qui s’interrogent. Peu importe leur âge. Peu importe leur vie. Peu importe ce qu’ils sont. Ils se questionnent. Le dernier roman de Ian McEwan, intitulé “Leçons” ambitionne d’y répondre mais ne le fait pas. Ou plutôt si. Avec intelligence, subtilité et finesse. Il raconte l’histoire de Roland Baines. Homme ordinaire par excellence. Homme qui semble être un raté. Tout est dans ce livre. La construction adolescente, les chemins de vie espérés, et ceux empruntés. “Leçons” embrasse environ soixante-dix ans de la vie de Roland Baines et autant de l’Histoire récente de l’Europe. Lorsque nous faisons sa connaissance, Roland est au beau milieu de la trentaine, sans véritable métier, la catastrophe de Tchernobyl crée un climat de peur jusqu’à Londres. Sa femme vient de le quitter et les éléments semblent s’acharner contre lui. Baines est au milieu du gué. Tout est subtil, tendre, et puissant.
Ordinaire et universel
La construction du livre de McEwan qui entremêle les époques et les souvenirs pourrait dérouter. En fait, non. C’est tout le contraire qui se passe, cette construction permettant surtout de donner une amplitude vertigineuse au livre et à l’histoire de Roland Baines. Baines c’est un peu celui ou celle que tout le monde a croisé et qui a dit : “Pourquoi parlerais-je de ma vie ? Elle n’a rien d’intéressant”. Rien d’intéressant et pourtant tout ce qui meut les hommes. Le désir, les déconvenues, les rencontres surtout. Ce qui fait que l’on devient ou que l’on ne devient pas. Ce qui fait ce que l’on est. Dans l’existence de Roland Baines, qui est en fait une vie ordinaire et universelle, il y a les rencontres. Bonnes ou mauvaises. Et les empreintes qu’elles laissent. L’écriture de Mc Ewan est superbe et les dernières pages se lisent doucement. Simplement pour prolonger un plaisir de lecture qui va crescendo tout au long de l’écoulement des pages. A ne rater sous aucun prétexte.
“Leçons”, Ian McEwan, Gallimard, 24 euros.
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