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Déconnexion réussie

Ernest Mag Deconnexion Lhelgoualch

Né au Liban pendant la guerre, Elias Naccache a fait fortune en revendant sa première start-up à la faveur de la bulle internet du début des années 2000. L’histoire commence lorsqu’il disparaît en Syrie où il a rejoint des volontaires chrétiens engagés contre Daech. Qu’est-ce qui a pu conduire ce petit génie du web à se déconnecter au point de prendre les armes ? Un magazine people confie à son ami d’enfance le soin de mener l’enquête. La biographie du disparu prend forme sous nos yeux, avec sa cohérence et ses zones d’ombre, dans un palpitant puzzle psychologique. C’est la 4ème de couverture de « La Déconnexion », d’Eric L’Helgoualc’h paru aux éditions du Faubourg. A cette description, le lecteur pourrait être tenté de ne pas se laisser tenter, justement. Clairement, ce premier roman est un livre de l’époque, sur l’époque, et parfois, on a aussi envie de vivre et de lire autre chose.

Un premier roman réussi

Toutefois, il convient de passer cette première impression. Et de se laisser happer par l’histoire d’Elias Naccache et du récit dans le récit de l’enquête que son ami d’enfance mène sur lui et sur les raisons qui ont conduit ce génie du web à partir en Syrie combattre Daech. Dans cet entre-deux mené tambour battant L’Helgoualc’h ausculte l’époque avec dureté, ironie, mise en abyme et regard acéré. Dans ce moment que nous vivons où la lame du rasoir s’approche toujours plus, la façon dont Naccache vire un brin facho est très intéressante comme un miroir tendu à l’ensemble de la société française. Où doit-on placer le curseur entre nécessaire réponse musclée et forte à la guerre qui nous est menée et garder aussi ce qui fait ce que nous sommes : notre pacte républicain et notre démocratie. Dans ce premier roman, il y a tout à la fois l’interrogation sur la modernité, ses paillettes et ses errements, mais aussi une illustration bien réelle de la tenaille identitaire dans laquelle nous pourrions nous retrouver. Un livre réussi qui permet de passer un moment agréable de lecture, tout en réfléchissant et sans s’ennuyer puisqu’il est construit comme un thriller. On va suivre L’Helgoualc’h !

Eric L’Helgoualc’h, « La déconnexion », Éditions du Faubourg. 18,90 euros.

Tous les vendredislecture d’Ernest sont là.

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