3 min

Pour un couvre-feu sensuel

Mia Harvey SBf1gahpDxo Unsplash

Virginie Bégaudeau est de retour pour réchauffer votre couvre-feu. Elle a sélectionné pour vous le meilleur de la littérature érotique. Vous allez aimer rester chez vous !

SixellaSixella – Janevsky

La science-fiction est pétrie de fantasmes. La science-fiction érotique les fait exploser. Alors me plonger dans Sixella restait sans surprise tant l’exhortation était déjà là bien avant de parcourir les premières pages. J’adore la science-fiction et le fait qu’elle soit pornographique permet de polir les clichés qu’elle véhicule. En partie, tout du moins. Car Janevsky ne s’en prive pas.

Onirique et envoûtant

Sixella, l’exploratrice sensuelle, se réveille sur une planète inconnue, secourue par Iris, un robot anthropomorphe. Le décor est posé et les sens en éveil. Je sais à quoi m’attendre, et la sexualité robotisée est une envie décuplée par beaucoup d’entre nous. Les sex-toys et les poupées sexuelles, entre autres, en sont l’illustration. Mais un robot doté de toutes les fonctionnalités humaines, je suis prête à me laisser séduire. Plus si affinités, évidemment. Etrangement, Iris n’a pas les traits humains au point où il peut être confondu. Au contraire, seule son allure et ses attributs lui confèrent l’illusion d’homme. Le décalage est délicieux. Uniforme enfilé, je deviens Sixella et me retrouve seule avec Iris qui m’emmène à la conquête d’un nouveau monde peuplé de tentacules et de lianes aphrodisiaques. Parfois, je me dis que c’est trop, que l’imagination débordante arrêtera mon excitation. Mais en fait, non, jamais. Entre les secret d’une nature étonnante, la tension sulfureuse des protagonistes, je suis comblée. Aux portes de l’orgasme. J’ai besoin de m’enfoncer dans cette aventure pour poursuivre mon exploration aussi intime que spatiale. Je veux défier la technologie, je veux qu’elle me donne, m’offre surtout, toutes ses programmations luxurieuses et me fasse jouir. Une jouissance plus forte qu’avec un corps humain, une jouissance qui dépasse, elle aussi, notre galaxie.
Un conte onirique qui m’a envoutée, librement inspiré de Gillon, à la plume délicate mais libidineuse.
Une grande réussite.

SitedesirUn site nommé désir- Lou Borgia

Le titre n’est pas sans me rappeler « Un tramway nommé désir », évidemment, à la différence que Lou, à la fois auteur et protagoniste, n’a rien d’une Blanche Dubois. Je suis happée dans une ambiance très féminine avec Adèle, Victoire et Lou, trois jeunes filles aux rêves de lumière et de gloire. Le site qu’elles ont créé parle de sexe librement et elles aimeraient en vivre. Tel est leur projet. Vivre du site ou vivre de sexe ? Je me pose sincèrement la question.

Frivole et pétillant

Le roman passe par plusieurs étapes classiques : la rupture amoureuse, la rencontre d’une autre fille qui n’attend que de leur faire découvrir les plaisirs saphiques, l’arrivée d’un mystérieux ténébreux masqué par son identité en ligne. Jusqu’ici sans surprises. Pourtant, l’atmosphère me fait frémir. Comme dans une bande de copines, j’ai envie d’en être. Le côté fleur bleue fait monter le désir en mémoire de mes vingt ans peut-être. La fraîcheur érotique, des corps torrides et des scénarii à foison. Je me retrouve dans chacune des jeunes femmes.

Le défi lancé par l’internaute anonyme lance les dés et je me fonds dans le corps de Lou, corps pétri de fantasmes et d’excitation. L’idée de l’interdit germe, fait exploser les sens, les miens surtout. La lectrice que je suis n’a pas besoin de réfléchir aux prochains chapitres, je les déguste d’avance, frustrée de n’être touchée qu’à travers les mots. Heureusement, je ne suis pas en reste et mon amour pour la luxure solitaire est satisfait.

Lesbianisme éphémère, premières fois, pratiques acidulées, il y a de tout et c’est exactement ce qu’il faut emporter en vacances.

Même si l’histoire n’est pas sans rappeler plusieurs succès du genre, et que je n’ai pas été très regardante sur l’œuvre en son entier, c’est clairement un texte plaisant qui ravira les amateurs, les néophytes et les nostalgiques.

La plume de l’auteure est pétillante, frivole et caressante. Un voile de pudeur derrière la grivoiserie. Coquin à souhait. Exactement ce qu’il fallait pour moment de sexe en solo en souvenir du bon vieux temps.

Les Plus Belles Filles De La Bande Deinee ErotiqueLes plus belles filles de la BD érotique- Collectif

Enfin ! Depuis un demi-siècle, les plus belles femmes de la BD érotique se retrouvent, se dévoilent et se rencontrent. Des maîtres de la pornographie se côtoient pour mon plus grand plaisir. Je connaissais certains noms (tels que Druuna, Anita, Miel, Janice…) de ces créatures légendaires, car à ce stade ce sont des créatures réservées à mon excitation. Clairement, masturbatoires. Et c’est exactement ce que l’on attend de ces gravures, illustrations, dessins libidineux. Je n’ai même pas besoin de me jeter dans leurs aventures pour être déjà inspirée, et prête à atteindre l’orgasme.
Elles incarnent toutes, et à leur manière, la beauté et le sex-appeal de leur époque. Stéréotypes de leur temps qui ont dépassé, et marqué, toutes les générations. Je me sens jeune vierge qui découvre ce que des milliers d’amateurs ont aimé avant moi, ont expérimenté. Avoir un tel ouvrage entre les mains me rend chétive et mon corps tremble de tous les fantasmes qui s’y trouve. Des images volées qui suffisent à me faire grimper au septième ciel en un instant. Et faire durer sur des semaines, et des mois.

Orgasme visuel

L’impression d’être catapultée dans la décennie de mon choix, admirant les courbes et les fantasmes des contemporains, de leurs envies et de leurs idéaux. Des seins énormes, des sexes glabres ou au contraire fourni, des hanches pleines et des bouches pulpeuses. Des tailles fines et des tailles pin-up, des jarretelles et des strings, tout y est. Je veux me vêtir de tous ces habits en signe d’une époque révolue et imaginer au fond d’un lit, comment était le leur. Comment baisaient-elles ? Avec qui ?
Toujours frissonnante de jouissance, je me replonge, sans fin, dans l’exploration de ces chefs d’œuvre.
Fébrile et exaltée, je remercie La Musardine d’avoir eu l’idée de rassembler ces 80 scènes d’anthologie pour un orgasme assuré, un plaisir incomparable et une stupéfaction d’un tel travail. Un hommage aussi brillant qu’excitant. Une question reste en suspens : comment créer de telles représentations qui traversent les années ?
Merci pour cet héritage précieux, à la fois initiatique et expert.

Tous les petit cochons de Virginie Begaudeau sont là

Laisser un commentaire