3 min

3 livres pour la fête des pères

Clement Falize BIuHcPmAqg Unsplash

Dimanche prochain, c’est la fête des pères. Ernest a déjà beaucoup écrit sur le fait que les papas, en littérature, n’étaient pas toujours bien considérés (nous l’expliquions ici), mais nous avons – notamment durant le confinement – quand même réussi à leur rendre un hommage appuyé grâce à la poésie d’Eric Fottorino et de ses mots si justes sur nos papas (c’est là). Aussi, dans ce papier, il ne sera pas question de parler de livres qui parlent des pères, mais plutôt de trois livres qui plairont forcément à vos papas adorés.

Si vous avez toujours pensé que votre père était un peu un espion et qu’il aime les romans noirs :

Retour de Service, John Le Carré, Seuil

RetourdeserviceLe grand John Le Carré est de retour avec un roman ciselé, puissant et très intelligent. Dans la grande tradition des romans noirs d’espionnage qui sont aussi l’occasion de faire le point sur le monde, sur ses bouleversements et sur la façon dont parfois les hommes se trompent de direction. Ce qui est bien avec John Le Carré, c’est qu’il n’a plus rien à prouver ni en tant qu’ancien espion, ni en tant qu’écrivain tant il nous a fait rêver avec la puissance de ses intrigues et de ses romans. Aussi, dans “Retour de service”, il lâche les chevaux. Nat, son héros, est un vétéran des services de renseignements, il joue aussi au badminton. Il est surtout en colère contre son gouvernement qui se laisse entraîner dans le Brexit.  Ces trois ingrédients donnent à John Le Carré les clés pour une enquête puissante, pour dénoncer aussi la perte des idéaux et pour trousser un roman noir que l’on quitte à regret. C’est un livre qu’on lit avec le sourire, parce que c’est une conversation brillante et virevoltante. Il y a de l’ironie et de la profondeur. Avec en toile de fond, le Brexit, la Russie de Poutine et l’Amérique de Trump. Tout simplement brillant. Indispensable pour votre papa qui aime la politique, les romans noirs et la vie ! Une littérature intelligente et puissante qui dialogue et qui interpelle le monde.

Si votre père est un passionné de politique

Les plumes du pouvoir, Michaël Moreau, Plon

PlumespouvoirMichaël Moreau est journaliste. Depuis des années, il s’intéresse à la façon dont la parole politique est mise en musique et élaborée. Il avait signé avec Aurore Gorius, “Les gourous de la com” qui s’intéressait notamment à la façon dont les communicants avaient parfois amélioré la façon de parler des politique, mais aussi comment ils avaient contribué au corsetage de cette parole. Dans son nouveau livre “les plumes du pouvoir”, il s’intéresse plus particulièrement à tous ces conseillers qui écrivent les discours des présidents et des politiques. C’est rempli d’anecdotes croustillantes, c’est un livre sur les coulisses, sur la difficulté du métier de plume, mais aussi et surtout sur la difficulté d’élaboration d’une parole politique claire et précise dans une époque où l’urgence gouverne, où l’hystérie des réseaux sociaux et des chaînes info oblige les politiques à parler tout le temps, sans justement prendre le temps. L’essai de Moreau a ceci d’autant plus intéressant qu’il donne une perspective historique à cette élaboration des discours et de la façon dont celle-ci a évolué tout au long de l’histoire de la Vème République. Cet essai est intelligent, vif et complet. Idéal pour les papas passionnés de politique et qui aiment refaire le monde avec leurs amis. Une enquête foisonnante sur l’art oratoire et sur ces politiques qui aimeraient tant pouvoir atteindre cette 7ème fonction du langage “magique ou incantatoire” qui a lieu à chaque fois qu’une parole agit sur le monde. Laurent Binet en avait tiré un roman, Michaël Moreau, lui, démontre comment il est difficile de manier les mots.

Si votre père aime le sport, la musique et les romans :

Le 5è Beatles, Vincent Duluc

5beatlesC’est un livre parfait. Il mêle sport, musique, et littérature. C’est aussi l’histoire d’une époque. Une histoire de sexe, de rock et de filles. C’est d’ailleurs ce que disait George Best, lui-même, le héros du livre de Duluc :“J’ai dépensé tout mon argent en filles, en verres et en voitures. Tout le reste, je l’ai gaspillé.” Best est l’une des premières pop-star du football. Footballeur Irlandais de l’équipe de Manchester de 63 à 74 , un vrai génie du football mais aussi un homme qui dans ses excès d’alcool et de sexe a bâti une légende très Rock and Roll dans le football préfigurant ainsi les vedettes actuelles dont l’image est bien artificielle. Par contre chez lui pas de calcul , une carrière menée à fond , une insolence , les femmes qui succombaient à l’étrange beauté de cet ange-démon et enfin l’alcool son seul compagnon qui finira par l’achever.

Roman d’une époque, biographie d’un joueur atypique, personnalité hors-norme, et joyeux drille. Parce que votre père a peut-être voulu être un footeux célèbre, ou un Beatles, ou les deux. Et que quoiqu’il en soit cette époque narrée dans le roman est un peu la sienne. Vincent Duluc est l’une des plus belle plumes du journalisme français, et ses livres lui donnent encore plus d’ampleur et de magie.

Toutes les inspirations d’Ernest sont là.

Laisser un commentaire