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Et si nous avions tous un double qui nous volait notre temps ?

Ernest Mag Vendredilecture Le Boucher

Festival d’Angoulême oblige, le livre du vendredi est une BD du vendredi. D’ailleurs la BD dont nous vous parlons aujourd’hui est une BD qui avait été repérée dans le festival d’Angoulême de l’an dernier et qui vaut vraiment le détour. Le pitch est simple, c’est l’histoire de Lubin Maréchal qui est acrobate et caissier pour pouvoir payer son loyer et qui a plein d’amis. L’homme est heureux. Il est aussi amoureux de la belle Gabrielle. Problème : il a un accident. Sa tête heurte le sol. Le choc semble être sans gravité. Seulement voilà, quelques jours plus tard, il s’aperçoit que tout se dérègle dans sa vie et qu’il ne vit plus qu’un jour sur deux. L’autre journée il est remplacé par un autre lui avec qui il a peu d’atomes crochus.

Un dessin élégant et subtil qui prend aux tripes

Commence alors une enquête vertigineuse pour savoir ce qui arrive à Lubin. Le dessin de Timothée Le Boucher démarre par des situations cocasses entre les deux alter égo puis prend peu à peu une forme dramatique pour souligner avec subtilité et élégance le mano à mano de Lubin avec Lubin. Ces deux êtres deviennent irréconciliables et ils se battent pour rester dans la lumière. Cette BD onirique, drôle, et réflexive n’est pas sans rappeler cette nouvelle d’Edgar Allan Poe « William Wilson » où le héros finit par affronter son double. Avec « Ces jours qui disparaissent », Timothée Le Boucher interroge nos identités, nos personnalités, mais aussi notre rapport au temps. Et si nos doubles numériques faisaient disparaître peu à peu notre vie réelle et nos moments présents ?  Un vrai choc de lecture puissant. Une très grande BD.

Timothée Le Boucher, Ces jours qui disparaissent, Glénat 22,50 euros.

La BD chez Ernest c’est aussi chez Robin avec sa BD exclusive pour les Ernestiens, et chez Florian avec la Bédéthèque idéale.

Tous les #vendredilecture sont là.

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