Dans ce nouvel opus de “Tu vas aimer”, la chronique où des personnalités et des auteurs racontent le livre qu’ils offrent toujours en cadeau, Lisa Vignoli est allée rencontrer Vanessa Schneider, romancière et journaliste. Rencontre en forme de trait d’union.
Vanessa Schneider est journaliste, écrivain et lectrice assidue (un à deux livres par semaine). Elle vient de publier “Tu t’appelais Maria Schneider” (Grasset), récit intime et bouleversant autour de sa cousine et comédienne Maria Schneider, portrait en creux aussi, d’une émouvante famille. La sienne. Elle vient de recevoir le Grand Prix de littérature de la Ville de Saint-Etienne.
“Déjà, je dois avouer quelque chose : j’offre des livres parce que je ne supporte pas de les prêter. Quand je le fais, ils disparaissent à jamais. Les gens sont de bonne foi -je ne dis pas le contraire- mais ils oublient, tout simplement. Je ne prête donc jamais mes livres. Ça peut en heurter certains mais c’est comme ça ! En plus, le livre a une place très particulière dans ma famille. Mon père écrit lui aussi et, chez nous, c’est un peu et depuis toujours le cadeau obligatoire en plus d’un autre. Même à l’adolescence où je demandais quelque chose de précis (un vêtement ou autre), j’avais toujours un livre pour l’accompagner. A Noël, en particulier, je recevais une Pléiade, des albums de Pléiade ou des auteurs que mon père voulait me faire découvrir. J’ai découvert et lu tout Philip Roth comme ça. Annie Ernaux aussi.
“J’offre des livres car je ne supporte pas de les prêter”
Pour moi, le livre est donc le cadeau naturel et évident. Et comme je fête les anniversaires de toutes mes copines (ce qui en fait environ deux par mois!) le livre est en général idéal.
En revanche, je n’en ai pas un seul fétiche que j’offre à tous. Je fais en fonction du goût de chacun. J’ai par exemple un oncle à qui je n’offre que des polars alors que je n’en lis pas moi-même, mais je m’informe pour viser au plus juste. Ma mère s’est mise à apprendre l’italien, je viens par exemple de lui offrir le livre de Roberto Saviano. Pour le reste, je fais des cadeaux en fonction de mes découvertes de lecture, des textes ou des auteurs que j’aime à cet instant précis.
Quand il y a un nouvel auteur que je découvre et qui m’excite, me plait. Récemment, j’ai beaucoup aimé le livre de Nina Bouraoui “Tous les hommes désirent naturellement savoir”, sorti à la rentrée. Je l’ai déjà offert trois fois depuis. Je suis monomaniaque par phase. Je l’ai fait aussi avec l’ouvrage de Monica Sabolo “Crans Montana” que j’ai offert cinq ou six fois, ou encore les textes de Serge Joncour que j’ai découvert il y a maintenant cinq ans. “Repose-toi sur moi” est un livre que j’ai énormément acheté. En revanche, j’ai une seule règle : je n’offre que des romans, pas d’essais et quand j’y réfléchis je me rends compte que le plus souvent c’est à des femmes que je le fais. Ma mère et moi lisons souvent des livres que nous lisons parallèlement. Le dernier en date est “La seule histoire” de Julian Barnes et il a été une claque mutuelle !
Avec les années, offrir des livres crée une relation très personnalisée autour des auteurs. J’aime les livres quand ils deviennent des liens supplémentaires entre les gens. On en parle, on échange, on suit la trajectoire d’un écrivain. C’est ainsi, dans ma vie, avec différentes personnes de mon entourage autour de William Boyd, Russell Banks ou Joyce Carol Oates par exemple… Les auteurs deviennent des traits d’union entre nous et j’aime énormément cette idée.”
“Tu t’appelais Maria Schneider” de Vanessa Schneider, 256 pages, 19€, Grasset.
Tous les autres “Tu vas aimer” sont là.




Je partage complètement….. j adore offrir des livres aux gens que j’aime effectivement les liens se tissent les discussions naissent et l’échange est toujours fructueux