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Belle est la joie

Ernest Mag Hymnejoie

Si vous cherchez un livre qui vous fait en même temps sourire et réfléchir, celui-ci est pour vous. il raconte l’histoire de Sigmund Oropa, magistrat un tantinet désabusé qui siège à l’Office des fraudes de l’Union. Il est chargé d’y rédiger des rapports non contraignants sur des supposés détournements de fonds communautaires. Il se sent inutile. Un beau jour une espèce de lanceuse d’alerte vient le trouver et le met sur une piste. Alors qu’il aurait – habituellement – regardé cela avec distance, la conjonction des événements de sa vie fait qu’il se penche sur le dossier. Cela agace ses collègues, sa femme, et – évidemment – les auteurs de la fraude. Sigmund songe à abandonner, mais apparaît alors dans l’équation, un amour passé. Celle avec qui, peut-être, il aurait pu faire sa vie.

Entre conte philosophique et roman noir

Au-delà de ce synopsis mystérieux, il y a dans « l’Hymne à la joie » de Aram Kebabdjian (éditions du Faubourg) un humour pince sans rire délicat et astucieux, une forme de drôlerie qui porte la lecture. Mais il n’y a pas que cela. A travers le parcours de ce haut fonctionnaire désabusé, Aram Kebabdjian interroge nos choix, nos vies, nos idéaux et nos regrets. Si chacun et chacune est forcément contraint à un moment donné de renoncer à une forme d’idéal, quel est le bon équilibre ? quel est la bonne mesure ? Pourquoi cela ressurgit-il à des moments où l’on ne s’y attend pas ? Tantôt conte philosophique, tantôt roman noir à clés, « L’hymne à la joie » est une réussite. Une très belle surprise de cette rentrée littéraire avec une écriture ciselée qui sert le propos et qui n’en rajoute pas. A lire !

« L’hymne à la joie », de Aram Kebabdjian, éditions du Faubourg, 250 pages.

Tous les livres du vendredi sont là.

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