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Pour Ernestine

Gerdataro

Vendredi 8 mars aura lieu comme chaque année la journée internationale des droits des femmes. Comme chaque année, cette journée sera l’occasion de parler des inégalités salariales encore criantes entre hommes et femmes, de la façon dont les femmes sont harcelées et malmenées parce que femmes, ou pis de ces femmes qui chaque jour meurent sous les coups de leurs compagnons. Comme chaque année, on prendra date, on dira qu’il faut améliorer les choses. Et elles vont plutôt en s’améliorant. Même l’Académie française vient d’acter que la féminisation des métiers était « une évolution naturelle de la langue » et accepte désormais par exemple le mot autrice pour une femme qui écrit des livres.
Et pourtant, un goût amer demeure. Celui d’une cause qui reste un combat, d’une cause qui a toujours besoin d’une journée internationale alors que cela ne devrait plus jamais être un débat, mais au contraire une évidence. Ce goût amer que ressentent toutes les femmes qui, un jour, se sont senties exclues d’une réunion parce qu’elles devaient partir s’occuper des enfants, ce goût amer de la charge mentale qui pèse toujours plus sur les femmes.

Un combat à mener de concert : hommes et femmes ensemble

Aussi, dans cet éditorial nous faisons un rêve. Celui où les « Ernestine », les femmes qui naissent aujourd’hui n’auront pas et n’auront plus à se battre pour avoir les mêmes droits que les hommes. Ce rêve où les femmes ne seront plus vilipendées pour choisir leur liberté. Ce rêve où les femmes seront pleinement, non pas seulement dans les mots mais aussi dans les actes et les droits, l’égal des hommes. Ce rêve nous le formulons pour toutes les petites filles qui voient le jour aujourd’hui, mais aussi pour toutes celles à venir.

Ce rêve nous vient du passé et tend vers l’avenir. Ce rêve vient aussi de celles qui l’ont formulé avant nous. Des femmes comme Gerda Taro (notre photo), cette photo reporter de guerre qui fut la compagne de Robert Capa, qui toute sa vie se battit pour défendre sa liberté et les libertés contre tous les dogmes.

Cette femme qui s’opposa au grand Capa pour signer ses photos de son nom et non pas de celui de son compagnon. Cette femme qui mourut lors de la Guerre d’Espagne, en 1937, en faisant son métier de photojournaliste.

Cette femme qui fut une pionnière à laquelle Serge Mestre rend un bel hommage dans un roman merveilleux intitulé « Regarder« , paru chez Sabine Wespieser. « Regarder » voilà un mot superbe pour nous narrer le parcours d’une femme qui voulait être regardée comme une égale. Voilà un mot superbe pour nous inviter à continuer ce combat. Ensemble. Femmes et Hommes.

Tous les éditos d’Ernest sont là.

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