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Inventer l’hubris qui va avec

Ernest Hubris

Après Talisman, Clio, Megane, Scénic, Twingo, Quasqhai et Zoé, le groupe Renault-Nissan a présenté cette semaine son dernier modèle : l’hubris. En tombant pour soupçon de fraude fiscale au Japon, Carlos Ghosn, le PDG de l’alliance Renault-Nissan a sombré dans l’hubris le plus total. Avec un revenu en 2017 de 13 millions d’euros, il a cru bon devoir, pour ses vieux jours, dissimuler quelques 62 millions d’euros au fisc japonais. On n’est jamais trop prudent. Ici, ce qui interpelle, c’est bel et bien l’hubris. Cette démesure, cet excès, voire même cet orgueil si l’on se fie à la définition grecque du mot.

Hubris généralisé

Démesure. C’est assurément le mot de la semaine. Démesure donc dans l’attitude du PDG de Renault, démesure dans l’ampleur de la mobilisation de certains gilets jaunes, démesure dans la façon dont le gouvernement dénonce certaines dérives de ce même mouvement des gilets jaunes, démesure toujours dans la façon dont toutes les marques du monde ont surjoué le black friday. Bref, cet hubris général qui gagne tous les pans de la société. Le selfie étant le symbole même de cet hubris généralisé dont nous sommes tous et toutes les acteurs. Comme si notre but aujourd’hui était – pour plagier un célèbre slogan de la marque au losange – d’inventer l’hubris qui va avec.

Tous responsables de ce constat et de cet état du monde, il convient de nous regarder dans le miroir que Sylvain Tesson nous tend dans son livre « dans les forêts de Sibérie ».

« Notre pêché à nous autres, les hommes, c’est d’avoir perdu cette fièvre du chien à rapporter le même os. Pour être heureux, il faut que nous accumulions chez nous des dizaines d’objets de plus en plus sophistiqués. La pub nous lance son ‘va chercher!’. Le chien a admirablement réglé le problème du désir. »

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