Mes sorcières bien aimées !

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Opérations colonnes ouvertes. Sur Facebook nous vous avons lancé un appel à chroniques pour notre rubrique « Coups de coeur des ernestiens et des ernestiennes ». Gros succès. Voici la quatrième issue de cette opération. Elle est signée de Pierre Druart qui tient le blog « books-tea-pie.blogspot.com » et concerne le roman jeunesse « Les sorcières du clan du nord » chez Gallimard jeunesse.

Par Pierre Druart

Ernest Mag Les Sorcieres Du Clan Du NordCe roman aurait pu n’être rien d’autre qu’un récit jeunesse fantastique très gentillet, suivant sans jamais déborder les routes déjà bien fréquentées de la fiction. Mais voilà, c’était probablement sans compter les trésors d’imagination et le talent de l’auteure Irena Brignull : si Les Sorcières du clan du nord est son premier roman, la dame n’est pas novice en écriture puisqu’elle est l’une des scénaristes du superbe Shakespeare in love et de bien d’autres films anglais. C’est peut-être pourquoi, au-delà de son tracé que l’on pense très classique, l’histoire va jusqu’à évoquer les meilleures intrigues shakespeariennes mêlant dynastie, destin, complot et mystification. Un univers ou la vanité et les passions peuvent motiver les actes les plus vils et les entreprises les plus sournoises, même lorsqu’il s’agit des êtres qu’on aime le plus.

Loin d’être une relecture au chaudron du vilain petit canard, ce roman reprend en effet des ressorts bien connus du romanesque mais pour mieux les sublimer. Les sublimer au point que ce livre rejoint les très rares fictions jeunesses à nous faire vivre au même rythme cardiaque que leurs personnages, nous faisant rire, pleurer et espérer avec eux. A ce titre, les protagonistes imaginés par Irena Brignull dépassent de loin le vague profil que l’on croit discerner au départ et l’auteure évite les écueils, structurant sa galerie de portraits de façon à ne jamais tomber dans la caricature. Car bien sûr, elle aborde dans son roman la quête d’identité de l’adolescence de personnages écorchés vifs , mais avec une écriture tellement évocatrice que le propos semblerait quasi-inédit – même, elle parvient à intégrer à son histoire un triangle amoureux qui ne sombre jamais dans la romance mièvre des ouvrages young adult auxquels on s’était habitués.

« Un grand roman d’aventure contemporain « 

Enfin, la sorcellerie dépeinte par Irena Brignull, cette communauté strictement matriarcale qui vit dans un camp au plus profond des bois, évoque la magie wicca, cette philosophie qui lie l’être humain aux pouvoirs de la nature. Un univers de sobriété et de dépaysement qui vient se heurter à la ville grouillante et au monde moderne, dans une écriture jouant sur les contrastes et les nuances entre ces deux mondes de fort belle manière.

En bref : Un récit de fantasy qui utilise les meilleurs codes du classique pour raconter une grande aventure contemporaine, portée par des personnages particulièrement fouillés. Irena Brignull signe une intrigue dont la narration évoque des mélopées chantées par ces mêmes communautés de femmes dont elle imagine l’histoire. Un véritable coup de coeur dont on attend la suite de pied ferme.

« Les sorcières des clans du nord », Irina Brignull, Gallimard jeunesse.

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