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Cas de farce majeure

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Les prix littéraires moissonnés il y a deux ans avec « Châteaux de sable » n’ont pas tourné la tête à Louis-Henri de la Rochefoucauld. On se souvient que, dans cette drôle de fable, la rencontre d’un Louis XVI picolant incognito dans un bar de nuit parisien bousculait le narrateur dans son idée de la noblesse, de la royauté, de la lignée. L’auteur revient plus grinçant et plus mordant encore, cette fois avec une satire d’un certain monde de l’édition avide de chiffres et de récompenses.

Délicieuse farce

Pour ajouter du piquant à l’exercice, il parle par la voix de son double, pigiste désabusé pour un magazine tendance. On sourit du portrait tendrement indulgent de ce journal résolument indépendant et pauvre, sachant qu’il a lui-même collaboré à Technikart. On se délecte surtout de sa peinture féroce du menu fretin et des gros requins observés « dans les eaux froides de Saint-Germain-des-Prés », où des talents ignorés luttent pour leur survie. S’agit-il d’un roman à clefs ? On est tenté de mettre un nom sur ce personnage d’avocat-ministre corrompu jusqu’à l’os, sur ce gros éditeur acharné à truquer les prix littéraires, sur ce champion des ventes qui fait écrire ses best-sellers par d’autres. Peu importe, ces « Petits farceurs » sont d’abord une lecture jouissive, confirmant qu’une existence très rangée de romancier-journaliste père de famille ne nuit pas à l’inspiration. Voilà quelqu’un dont on va attendre chaque nouveau livre avec impatience.

« Les petits farceurs », Louis-Henri de la Rochefoucauld, Robert Laffont, 256 pages, 20€

Tous les vendredi lecture d’Ernest sont là.

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