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La cabane de l’Humanité

Felix Mittermeier WLGHjbC0Cq4 Unsplash

Faire cabane. C’est ce que font les Hébreux lors de la fête de Souccot. Ces cabanes possèdent des portes et des fenêtres ouvertes afin d’accueillir les amis, la famille et les voisins pour partager ensemble la joie et le pain. Pour partager aussi, le commun. C’est alors que cette fête de Souccot se terminait que le Hamas en attaquant Israël, en violant des femmes et en tuant des enfants a décidé de profaner la cabane de l’Humanité.
C’est alors que nous séchions à peine les larmes de cette profanation de la cabane de notre Humanité commune qu’un terroriste islamiste a décidé, trois ans après la mort de Samuel Paty, de tuer Dominique Bernard, professeur de Français à Arras. Profanation, encore, d’une pièce de la cabane de notre Humanité commune. Celle de l’école où les enfants deviennent citoyens. Terminer la semaine hébété, dévasté, perdu, en rage, et rempli de désespoir. Comme si le soleil s’était brutalement couché et que son lever n’aurait pas lieu le lendemain.

Faut-il tout arrêter ? Se battre ? Se taire ? Pleurer simplement. Peut-être. Des mots et des larmes. Vains, encore. Des mobilisations. Vaines, aussi.
Abandonner ? Impossible. Le combat constitue le seul salut. Là où il n’y a plus d’Humanité, s’efforcer d’être un homme, une femme et savoir que le seul défi qui compte désormais que les ténèbres sont à nouveau là, s’incarne dans le défi de la préservation de notre Humanité. La nôtre, celle de nos enfants et de nos petits-enfants. Préserver notre humanité. Reconstruire notre cabane de l’Humanité.
Cette cabane où les mots ont un sens et où l’on nomme les choses par leurs noms. Quelques exemples : terrorisme, extrême-droite, peine, haine.
Cette cabane où la différence est un atout pour soi et pour les autres. Où la différence enrichit au lieu de diviser.
Cette cabane où l’on peut blasphémer, rire, s’aimer, se disputer pour se retrouver.
Cette cabane de l’Humanité où l’on peut s’extraire grâce à la connaissance ou à l’art de la tutelle des extrémistes qui n’ont qu’un seul but, mettre nos esprits dans des boîtes.

Cette cabane de l’Humanité où l’on sait que l’on ne détient pas LA vérité mais que celle-ci se construit et se recherche pas à pas.

Cette cabane de l’Humanité où ce n’est pas celui qui crie le plus fort qui a raison.
Cette cabane de l’Humanité où la fête commune, le rire et la joie sont la règle.
Cette cabane de l’Humanité faite d’égalité, et des possibles de l’amour. Tous les amours.

Cette cabane de l’Humanité qui a été profanée cette semaine. Cette cabane de l’Humanité qu’il nous appartient de rebâtir. Toujours. Envers et contre tout. Et lorsque le courage nous quittera à nouveau, se souvenir d’ “Une vie bouleversée”, le magnifique livre d’Etty Hillesum écrit en déportation dans lequel elle trace les mots suivants : “Même si on ne nous laisse qu’une ruelle exiguë à arpenter, au-dessus d’elle il y aura toujours le ciel tout entier.”

Le ciel est au-dessus de nous. Regardons le. Les poussières d’étoiles chères à Hubert Reeves nous guideront. “Quand vous prenez conscience de votre propre existence, quand vous ouvrez les yeux et observez l’univers, vous accomplissez la plus grande performance jamais réalisée”, écrivait le plus pop des astrophysiciens.

Bon dimanche,

L’édito paraît le dimanche dans l’Ernestine, notre lettre inspirante (inscrivez-vous c’est gratuit) et le lundi sur le site (abonnez-vous pour soutenir notre démarche)
 
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1 commentaire

  • Merci David, vos mots font tellement de bien et nous en avons tellement besoin.
    Parfois je me demande s’il ne faudrait pas que les femmes guident le monde.
    Certains hommes ne sortent jamais de la cour de récré et le drame c’est que leurs armes ne sont plus imaginaires.
    Pouvoir, hégémonie etc etc… arrêtez, arrêtez !!!!!!

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