Où il est question d’un philosophe racontée par une philosophe et d’une pensée limpide et accessible qui est utile à tous et toutes. Jankélévitch comme outil d’une meilleure vie.
Plénitude de la simplicité, perfection de la clarté, et voyage simple en intelligence. Voilà ce qu’il ressort de la lecture et de la plongée dans l’œuvre de Jankélévitch. C’est lors d’une discussion un brin existentielle avec une amie et tandis que l’auteur de ses lignes lui faisait part d’une forme de frustration en soulignant qu’il manquait “presque rien” pour accomplir. Elle a répondu du tac au tac : “tu n’as jamais lu Jankelévitch ? C’est ça qu’il te faut”. L’écouter et se mettre à découvrir la pensée de ce philosophe. Une pensée charmeuse, envoutante. Un philosophe du temps et de la vie. Un philosophe du présent. Un philosophe dont les mots et la langue invitent au mouvement et à l’action. “Ne manquez pas votre unique matinée de printemps”, s’amusait-il.
Plaisir de lire
Résultat : le “Un été avec Jankélévitch” de Cynthia Fleury qui vient de paraître aux éditions France Inter / Equateurs est, lui aussi, un régal total. Reprenant les chroniques de la philosophe sur Inter durant l’été, le livre est une introduction idéale à la pensée virevoltante et passionnante de Jankélvitch. Il est question du temps, de l’amour l’autre nom de la morale “qui surgit dans la nuit des discours. Aimons-nous et écoutons de la musique ensemble”, de l’ennui qu’il exècre. Dans les chroniques, Fleury donne à voir la singularité et la richesse de Jankélévitch. Cela se picore, on s’amuse, on s’instruit, et on a envie de lire ou de relire Jankélévitch. Il est question de la vie, finalement, de l’amitié, de la fidélité, de la mort, et de la musique qui inspirait le philosophe. Refermer le livre et ressentir le plaisir à la façon de Jankélévitch justement : “voilà une grande leçon que le plaisir nous donne. Le plaisir ne veut pas être forcé, il veut, comme l’opération de la grâce des consciences simples et détendues. (…) : là où nous l’attendions nous ne trouverons que le morne ennui, – car il est, comme la vitesse de la lumière, un maximum qu’on ne saurait dépasser ; mais inversement, quand nous n’y comptions plus, nous le trouvons assis à notre table : il sera entré, un soir de printemps, par la fenêtre ouverte, avec une odeur de pluie et de lilas… Divin plaisir qui arrive sur la pointe des pieds”. Le plaisir que l’on prend en revanche à lire Jankélévitch par Fleury et à lire ensuite Jankélévitch par Jankélévitch n’arrive pas, lui, sur la pointe des pieds. Il nourrit, il remplit et il contient un “je ne sais quoi” de sublime.
“Un été avec Jankélévitch”, Cynthia Fleury.
Vladimir Jankélévitch : démarrer par “Le je ne sais quoi et le presque rien”.


