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Les magnolias par centaine

Ernest Mag Oiseau Magnolias

« Des magnolias par centaine » dit la chanson célèbre de Claude François. On pourrait l’entonner – comme lui – en souhaitant des livre comme « Les Magnolias » de Florent Oiseau par centaine. Le pitch est simple : c’est l’histoire d’Alain qui est un acteur raté, un peu fainéant. Il a été figurant : il jouait un mort dans une série d’été. Pas au top, sa carrière. Alain a donc une vie un poil complexe et un poil ennuyeuse. Heureusement, il a sa grand -mère à laquelle il rend visite tous les dimanches dans la maison de retraite qui s’appelle justement « Les Magnolias ». De cette histoire qui pourrait apparaître comme déprimante, Florent Oiseau tire un livre drôlatique et joyeux. Il nous emmène dans son quotidien avec une auto-dérision puissante et caustique. Alain à sa grand-mère :  « Tu n’étais pas heureuse avec pépé ? Elle : « Il a toujours été là, c’était comme un bras ou une jambe. On n’aime pas une jambe, on vit avec. Et puis, un jour on vous l’enlève et tout devient bancal. »

Un livre qui donne le sourire

Je ne vous déflore pas les relations tarifées de l’auteur dans une caravane avec Rosie, mais elles valent leur pesant d’or. Le tout en passant par l’ensemble des galères d’Alain. Mieux, dans cette belle relation avec sa grand-mère, Alain/Oiseau interroge notre rapport au temps. Car aux Magnolias, le temps s’écoule lentement et tristement. « Quand on y réfléchit un peu, de façon honnête, quand on passe du temps dans les maisons de retraite, dans les hôpitaux, alors on comprend qu’on ne plaint pas les vieux, qu’on n’est pas triste pour eux. On est triste pour nous, triste de s’imaginer à leur place un jour ou l’autre. C’est toujours soi qu’on plaint le plus, et de loin« , écrit ainsi Oiseau. Mais il interroge aussi notre rapport à la mort puisque sa grand-mère demande à Alain de l’aider à partir. Manquait plus que cela dans sa vie complexe et foutraque. Aussi étonnant que cela puisse paraître cette mission va permettre à Alain de faire du tri et de mettre de l’ordre dans sa vie. Se recentrer sur l’essentiel. Arrêter de s’autodénigrer, etc…Ce qui est puissant avec Florent Oiseau c’est qu’il sait faire rire avec de la gravité, des secrets de famille, et tout simplement le quotidien. Oiseau est un impressionniste qui sait saisir non pas l’émotion comme les peintres, mais plutôt le ridicule qui donne du sens dans chaque situation. Le rire comme un antidote. C’est un livre qui donne le sourire et qui fait du bien. Idéal pour passer du temps agréable et oublier les petits tracas de la grève.  Ah, et j’oubliais, il faut lire tout Florent Oiseau. Parce que la grève elle dure. Et on a toujours besoin de se marrer.

Florent Oiseau, « Les Magnolias », Allary Editions.

Tous les livres du vendredi sont là.

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