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C’est quoi ce bazar ?

Le Livre Du Vendredi Twitter 1000x500(7)

Cette semaine a débuté sur TF1 la diffusion d’un téléfilm dont l’intrigue se déroule en mai 1897 lors de l’épisode de l’incendie du « Bazar de la Charité ». A grands coups de renforts de communication et de promotion, TF1 fait l’article sur cette histoire puissante et passionnante et insiste notamment sur les portraits de femmes. Quel rapport avec le livre du vendredi ? Peut-être parce que le pitch et le scénario de ce téléfilm nous a étrangement rappelé celui d’un livre sublime, délicieux et d’une puissance rare. Ce livre s’appelle « la Part des Flammes » est signé de Gaëlle Nohant (qui a aussi publié un autre roman génial autour du personnage de Robert Desnos) et il a paru au Livre de Poche. Ce livre a remporté le prix des lecteurs, et a été vendu à plus de 50 000 exemplaires. Autant dire qu’il n’est pas passé inaperçu.

Évidemment en lisant le pitch du téléfilm de TF1, nous avons fait le rapprochement. L’étonnement fut grand de ne trouver aucune mention à l’œuvre magnifique de Gaëlle Nohant. TF1 botte en touche en disant que le scénario du téléfilm avait été déposé avant la parution du livre et avance la différence des histoires développées entre le téléfilm et le livre. Gaëlle Nohant, elle, dans un entretien à lecteurs.com explique : « les scénaristes et producteurs ne pouvaient ignorer qu’il y avait eu un roman à succès, paru début octobre 2014 chez France Loisirs puis en mars 2015 chez EHO, bâti sur cette trame précise et singulière. Cela pose a minima un problème de morale et d’éthique… Et même si à partir de cette trame, les histoires développées sont différentes des miennes, ça entretient une confusion chez mes lecteurs, qui sont persuadés que c’est une adaptation. » En effet, à tout le moins une forme de questionnement éthique aurait pu saisir les scénaristes, mais surtout, cela en dit long sur le peu de cas qui est ici fait du travail d’une autrice. Ça en dit long d’ailleurs sur la place que l’n fait aux auteurs dans nos sociétés.

Trois femmes magnifiques

Bref, pour ce livre du vendredi, l’idée est donc de vous inciter à lire, et à faire lire « La Part des Flammes » de Gaëlle Nohant en livre de poche. C’est un roman superbement écrit qui mêle fiction et vérité historique avec une habileté rare. Ce sont surtout trois magnifiques portraits de femmes. Le destin de ces trois figures féminines rebelles est narré avec un souffle romanesque virtuose. Ces trois femmes de la fin du XIXe siècle sont Sophie d’Alençon, duchesse charismatique qui officie dans les hôpitaux dédiés aux tuberculeux, Violaine de Raezal, comtesse devenue veuve trop tôt dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, et Constance d’Estingel, jeune femme tourmentée, prête à se sacrifier au nom de la foi.  Tout les oppose, mais tout les rassemble. Elles sont les figures de proue de cette œuvre magnifique de Gaëlle Nohant. Cette « part des flammes » est servie par une plume affirmée et ciselée ; elle nous emporte dans un vrai souffle romanesque. On pense à Victor Hugo. Ce romand e Gaëlle Nohant touche au coeur, l’émotion parcours le lecteur en permanence. Le tout dans un Paris du XIXè siècle magnifiquement décrit. Il serait dommage que le « bazar de la charité » n’ait que les images de TF1 et que votre imaginaire de lecteur ne vienne pas rencontrer l’histoire tissée par Gaëlle Nohant, qui de notre point de vue, est hautement plus passionnante, moderne, et symbolique. Lisez !

La part des flammes, Gaëlle Nohant, Livre de poche

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