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Dire les noms des morts

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Alors qu’on l’interrogeait sur son rapport à la mort et notamment à la fête des morts, la fameuse Toussaint que l’on vient de vivre, le facétieux Georges Brassens répondait : « La fête des morts, c’est tous les jours, tout le temps ». S’il n’est pas étonnant que Brassens conteste le son du clairon qui dit quoi faire et comment, il faut s’arrêter un instant sur cette phrase alors même que le clairon de la fête des morts vient de résonner.

Au fond, ce que dit Brassens, c’est que les morts ne meurent jamais pour peu qu’on les honore en parlant d’eux, en se souvenant de leurs actions, en transmettant ce qu’ils ont porté, et surtout, surtout en les fêtant dans la joie. Pas dans la peine, pas dans la nostalgie, mais dans la joie.

Ce que dit Brassens, c’est une leçon de vie. En acceptant la mort de nos morts, en la fêtant joyeusement, en se souvenant de leurs sourires, de leurs petits défauts que l’on aimait tant, ou encore de leurs emportements, alors nous ne les oublions pas.

Pour sceller cela, il faut aussi dire leurs noms. En prononçant les noms, on se souvient. C’est pourquoi, par exemple, lors des commémorations de Yom HaShoah, cérémonie civile de mémoire en l’honneur des disparus dans les camps de la mort, il est d’usage de passer une journée entière à dire les noms.
Chantons, disons, crions, hurlons les noms de ceux que nous avons aimés et qui ne sont plus. Fêtons les, tous les jours, par nos mots. Ainsi, jamais leur trou dans l’eau ne se refermera, comme chantait Brassens. Encore lui.
Bon dimanche

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