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Des jeunes gens plein d’avenir

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"Les jeunes gens", le livre de Mathieu Larnaudie raconte dans le détail et avec des portraits croquignolets les parcours des élèves de la promotion Senghor de l'ENA (École nationale d'administration), dont le plus célèbre est Emmanuel Macron. Pour lire ce livre, nous avons sollicité un ancien élève de l'ENA : Frédéric Potier, de la promotion Simone Veil, celle qui a succédé à la promo Senghor. Revue d'effectif.

Par Frédéric Potier

Ernest Mag Larnaudie Jeunes GensJ'ai toujours été fasciné par la promotion "Senghor", dont les membres sortaient de l'ENA quand j'y suis rentré en 2004. Les "Senghor" - comme on dit dans le sérail administratif - traînaient déjà derrière eux à l'époque une solide réputation d'enfants terribles à la fois contestataires et ambitieux. Les sages élèves de la promotion "Simone Veil" (2004-2006), dont j'étais, regardaient avec un regard interloqué ceux que nous n'osions pas appeler des frondeurs (sans connotation politique). Contestant la logique du classement de sortie pour certains d'entre eux, l'assumant complètement pour les autres, rejetant tous le contenu de la scolarité (mais comment leur en vouloir ?) la direction de l'ENA fut soulagée de voir s'éloigner cette génération de trublions dont elle peinait (c'est un euphémisme) à retenir l'élan réformiste et l'iconoclastie. Cuvée annoncée comme exceptionnelle dès 2004, elle le fût. Ce qui frappe dans la trajectoire professionnelle et politique de cette promotion c'est son incroyable réussite : un Président de la République, 4 députés, une pelletée de hauts responsables administratifs, des directeurs d'établissements publics, des banquiers de renom...etc. La comparaison avec la fameuse promotion "Voltaire" dont sont issus François Hollande, Ségolène Royal, Dominique De Villepin ou encore Michel Sapin s'impose. Comment une telle concentration de personnalités hors du commun peut-elle éclore si vite et surtout si haut ?