Depuis hier, c’est un déferlement. Le livre “Un personnage de roman” de Philippe Besson paru chez Julliard dans lequel il narre la campagne victorieuse d’Emmanuel Macron est dans tous les médias. Comme toujours, les journalistes politiques avides des petites phrases font la liste des bons points et des mauvais points que Macron distribue à Hollande, Juppé ou aux éditorialistes. Comme toujours, une partie de la classe politique s’extasie, l’autre se désole.
Et pourtant, le livre de Philippe Besson est intéressant. Très intéressant. Pour au moins trois raisons. D’abord, il narre une histoire rocambolesque. Celle d’une victoire improbable de prime abord, mais qui au fond, était en germe dans la société depuis longtemps. Macron l’avait bien compris. Lire cela sous la plume alerte de Philippe Besson est très intéressant.
La deuxième raison est littéraire. Dans le sens où au-delà de la chronologie de la campagne, Besson en écrivain, raconte cette histoire comme un roman. Aussi, on comprend que si ce n’est pas une fiction, cela pourrait l’être. La mise en perspective de cette campagne est d’ailleurs un objet littéraire. En effet, cette victoire qui veut porter une autre conception de la politique, une autre conception du pouvoir etc…est elle elle-même une fiction ou deviendra-t-elle une réalité ? “Il faut que tout change pour que rien ne change“, lisait t-on dans le Guépard...
Enfin, la troisième raison – Ernest – en a déjà parlé ici et là – c’est le Macron lecteur. Il est intéressant de voir ce personnage parler des textes qu’il aime. Dans plusieurs passages, Macron revient sur quelques textes qui l’ont forgé. Cela aussi c’est intéressant. Comme si le “personnage de roman” était lui-même composé de tous les autres personnages de romans qu’il a aimés. Cela en dit beaucoup sur le personnage.
Philippe Besson – un personnage de roman – Julliard, 18 euros.