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A perfect spy

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Dans son "Back to Classics" mensuel, Frédéric Potier part en mission. Secrète, forcément. Et il invite à découvrir ou à redécouvrir John Le Carré. Frissons garantis.

En ces temps de retours de guerre froide et de conflits très chauds, il n'est pas inutile de réviser nos classiques consacrés à l'espionnage. On ne sait jamais, le FSB (ex KGB) pourrait bien nous réserver quelques surprises d'ici les prochains mois.  Si le premier grand écrivain a s'être penché sur le sujet semble être l'immense Joseph Conrad, ce n'est pas faire injure à la postérité de cet auteur britannique que de considérer son ouvrage "Agent secret" comme une satire des mœurs de la fin du XIXe siècle, et plus précisément une critique féroce des milieux aristocratiques, policiers, révolutionnaires et anarchistes (oui tout ça !).

Mettons donc de côté Conrad, pour nous concentrer sur le vrai père, selon moi, du roman d'espionnage à savoir David John Moore Cornwel dit John Le Carré. Le Carré, comme son pseudo ne l'indique pas, s'avère lui aussi être un sujet de sa Majesté, mais, à la différence de Conrad, il fût lui-même brièvement espion sous couverture diplomatique jusqu'au début des 1960 où un agent double célèbre (Kim Philby) dévoile sa véritable fonction. Après deux premiers livres passés un peu inaperçus, le premier ayant été écrit alors qu'il travaillait pour les services secrets britanniques en Allemagne, il connaît un grand succès en 1963 avec "L'espion qui venait du froid". L'intrigue tourne autour d'une machiavélique opération d'infiltration en Allemagne de l'Est d'un agent double dont, par définition, la loyauté prête à caution...