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Prix Nobel: couarde Académie !

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Ce midi, l’académie Nobel a décerné le prix Nobel de littérature à Annie Ernaux. Cocorico, c’est une Française !  Elle a écrit deux livres magnifiques : “Les Années” et “Passion simple”. Ceci dit, elle a aussi signé en juin 2017 une tribune hallucinante de soutien à Houria Bouteldja, égérie du parti des Indigènes de la République et signé quelques livres qui tiennent plus de la mauvaise sociologie bourdieusienne que de la mélopée littéraire. Bref chez Ernest devant ce prix, un immense regret nous gagne : pourquoi diable l’Académie n’a-t-elle pas couronné Salman Rushdie ? Une intuition : la couardise !

“Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt” dit un proverbe chinois. Ce dernier vient encore de se vérifier. Il y a un mois, Salman Rushdie était victime d’une tentative d’assassinat de la part d’un islamiste venu exécuter la fatwa prononcée en 1989 par l’ayatollah Khomeiny contre l’auteur des « Versets sataniques ». Depuis, alors que certains n’ont toujours pas jugé utile de dire simplement que s’attaquer à un écrivain équivaut à s’attaquer à l’humanité toute entière, d’autres s’étaient mobilisés pour défendre l’idée humaniste et symbolique d’un prix Nobel de littérature remis cette année à Rushdie. Pour dire qu’il ne faut jamais abdiquer devant la haine, mais aussi pour tout simplement couronner l’œuvre magistrale d’un auteur qui sait mêler humour et magie enchanteresse en croyant plus que tout au pouvoir de la fiction. Rien de révolutionnaire, en somme.

Et pourtant l’Académie n’a pas choisi Rushdie… Tant pis pour la littérature dont Rushdie est l’un des symboles les plus éclatants, avec sa verve magique et son imagination qui bouleverse et interroge les lecteurs. Tant pis aussi pour le message qu’elle aurait, par là-même, envoyé à l’Iran et ses mollahs qui massacrent actuellement les femmes qui se lèvent pour leur liberté. (Nous en parlions ici).  Devant la couardise de l’Académie Nobel on repense à ses certitudes assénées par quelques hiérarques des lettres parisiennes :  “Salman Rusdhie aurait déjà dû être couronné et ce n’est pas un service à lui rendre”, voilà en substance l’objection … Objection à laquelle s’ajoute, à leurs yeux, un argument imparable : “ce geste serait certainement interprété comme une provocation et aurait une forte valeur symbolique mais l’œuvre de Rushdie mérite mieux“. Provocation pour qui au juste ? Rushdie prix Nobel, cela aurait été une immense claque donnée à tous les tyrans religieux ou fanatiques du monde. Rushdie prix Nobel, cela aurait donné envie à tout un tas de jeunes écrivains de reprendre le flambeau.

En ne couronnant pas Rushdie, l’académie Nobel, éternelle couarde, vient de dire qu’il ne faut pas faire de Rushdie ce symbole d’un homme qui n’abdique jamais, qui a toujours continué de créer des histoires pour raconter et apaiser le monde. Elle vient de dire qu’il ne faut pas faire de Rushdie le symbole du NON mondial, universel et littéraire à la haine islamiste. Immense tristesse. Alfred Nobel, lui-même, dans son testament expliquait que “les prix devaient récompenser des personnalités ayant “rendu de grands services à l’humanité grâce à une œuvre qui a fait la preuve d’un puissant idéal.”

Le choix d’Ernaux est un choix simple. Le choix du velours. Un choix qui peut s’entendre. Le choix de Rushdie aurait été celui du combat, de la volonté, et aussi de la croyance forte que la littérature peut tout et que ses symboles sont si forts qu’ils peuvent changer le monde. Dommage que la couardise et la peur l’aient emporté.

Tous nos éditos sont là.

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