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Julia Palombe : « La sirène est une icône moderne »

Portrait @MarineOrlova

Après la lecture de son dernier livre "Toutes les femmes sont des sirènes, elles pensent avec leur queue" (Ernest en parlait ici),  Virginie Begaudeau a eu envie de de rencontrer Julia Palombe. Au menu : amour de la littérature, franc-parler et féminité.

Photos ©MarineOrlova

Les sirènes, ça t’évoque quoi ? Le titre était une évidence ? Raconte-moi toute la genèse !

Julia Palombe : Les sirènes n’évoquaient rien pour moi, jusqu’à ce que je pense à leur queue… Tout est dans cet organe déployé, affrontant le monde sans craindre le regard des autres. Elles sont instinctives et savent entendre la petite voix intérieure qui leur murmure des chansons d’aventures et de liberté. Anaïs Nin en son temps écrivait déjà : « Je dois être une sirène, je n’ai pas peur des profondeurs et une grande peur de la vie superficielle ». La sirène est une icône moderne pour les femmes puissantes d’aujourd’hui. Il n’y a pas meilleure représentation de la femme à la fois désirante et désirée, animale et enchanteresse, vierge et putain.

Palombe2 Est-ce que tes lectures ont inspiré la femme que tu es aujourd’hui ? L’héroïne que tu voudrais être ?

Julia Palombe : J’ai longtemps cherché des héroïnes libres de leurs désirs, dans les romans que je lisais. Mais il faut avouer que ce sont plutôt des hommes qui ont ce rôle. Adolescente, je me suis souvent sentie piégée par des personnages féminins nostalgiques, ne pouvant désirer que par amour, sacrifiant leur véritable désir sur l’autel de la religion, la famille, le quand dira-t-on…

Et quand par miracle il y avait de la chair, il s’agissait d’une prostituée. C’est ainsi que j’ai crée Louise, le personnage féminin qu’il me manquait.

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