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L’immortalité, c’est long, surtout vers la fin

Academie

Recalés ! Luc Ferry, Charles Dantzig, Michel Orcel, Alain Duault, Philippe Repecaud n’ont pas recueillis les voix nécessaires, jeudi 31 janvier, pour pour occuper le fauteuil de Michel Déon à l’Académie Française. C’était la troisième élection pour cet auguste siège. La troisième fois qu’elle rend un résultat blanc. Les Académiciens en poste ayant considéré que, non, décidément les candidats présentés ne correspondaient pas à leurs attentes. Frédéric Pennel racontait d’ailleurs dans cette enquête la difficulté d’accéder à l’immortalité…

On pourrait se moquer de la façon dont les académiciens prennent le temps de choisir, de leur façon un peu surannée d’exiger des lettres de candidatures manuscrites adressées à monsieur X « de l’Académie Française », des traditions qui veulent que les impétrants rencontrent un à un chacun des immortels avant le vote, mais aussi après le vote, même si on a été blackboulé. On pourrait aussi regarder les choses différemment. Et si cette façon de se moquer de l’immédiateté, du temps court, en faisant exagérément durer les choses étaient un message que les immortels nous envoyaient : « arrêtez de tout faire dans la précipitation, réfléchissez ».

Se réapproprier le temps

L’Académie prend son temps. Et le fait savoir. Comme dans un pied de nez à cette idée moderne selon laquelle il faut gagner du temps sur tout et aller de plus en plus vite. Comme un pied de nez, aussi, à ce sondage Yougov pour l’application Koober qui promet de vous faire lire vite les choses puisque vous manquez de temps. Comme si en lisant des résumés de livres, vous alliez expérimenter l’expérience de lecture…N’en déplaise à Koober, lire, choisir, et décider, cela demande du temps.

C’est – en somme – le message de l’Académie. Prendre le temps, ce n’est pas un signe de faiblesse, mais de sagesse. Woody Allen l’a bien compris, lui qui s’amuse en soulignant que « l’immortalité, c’est long, surtout vers la fin ».

 Et c’est aussi en prenant le temps, que les livres deviennent des outils pour « briser les chaînes de nos journées et s’envoler librement dans l’univers« . Peu importe les injonctions à la vitesse.

Tous les éditos d’Ernest sont là.

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