5 min

Marc-Antoine Coulon : « Offrir un livre, c’est offrir une part de soi »

Coulon Home

Aux quatre coins de la planète de Tokyo à Paris, du New York Observer à Madame Figaro, les dessins de Marc-Antoine Coulon illuminent nos regards. L’essentiel de cet homme de traits et de couleurs se compose de livres. Sensibilité d’offrir. Sourires à recevoir.

« J’offre un livre pour partager des émotions. J’offre aussi une partie de moi que je retrouve dans le livre. Je choisis les livres que j’offre en fonction des personnes. C’est toujours une part d’intimité et le partage d’une part de ses émotions.

De façon générale, ce choix provient d’une émotion très forte, d’un vrai plaisir de lecture, d’une révélation sur telle tournure ou sur une description que j’avais ressenti confusément et que, seul l’auteur a su mettre en mot. Je peux me dire aussi que, avec ce livre, j’ai un trésor entre les mains et qu’il est hors de question que je sois le seul à le posséder. Je veux absolument que la personne à qui je vais l’offrir puisse goûter ce trésor-là. En premier lieu, je déguste la langue avec laquelle le texte est écrit. Et cette façon de poser des mots avec une manière que je n’aurais pas su exprimer.

Par mon métier d’artiste, je m’efforce d’être très à l’écoute de mes modèles, des gens qui m’entourent. Je fais de l’empathie un outil de travail. En fonction de ce que l’on me raconte, des confidences que l’on me fait, cela m’aide à aiguiller mon choix. Parfois, je propose des livres dont je sais qu’ils ne sont pas mes préférés mais dont je sais que cela va tomber juste pour celui ou celle à qui je vais l’offrir.

IMG 7398J’étais juré du « temps retrouvé », un prix littéraire, j’ai eu un coup de cœur pour Mémoire de soie d’Adrien Borne (JC Lattès). Je l’ai offert à mon agent. J’avais ouvert ce livre sans rien en attendre. J’ai retrouvé le plaisir de lecture que je pouvais avoir adolescent lorsque je dévorais des livres de poche à l’abri du soleil, à l’ombre des persiennes de notre maison de campagne. Une vraie émotion ! Je pense que je vais l’offrir encore.