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Nelson Monfort : “Offrir un livre dévoile notre personnalité”

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Sa voix est connue de tous. Sa prosodie également. Nelson Monfort est un amoureux. De la littérature. De la musique. Auteur et journaliste, sa passion pour les mots des autres se transmet par les livres qu’il offre. Avec pudeur. Et sensibilité. Cyril Jouison lui a demandé de nous le raconter.

« Le plus difficile dans le fait d’offrir un livre est de conjuguer le plaisir de la personne qui va le recevoir et celui de l’offrir. Choisir un livre que l’on offre est certainement un plaisir un petit peu égoïste aussi. Le plaisir est double.

Même si c’est un bien grand mot, c’est peut-être un cadeau un peu « dangereux ». Il faut s’assurer que le thème fasse plaisir et s’assurer qu’il plaise à celui ou celle à qui on l’offre. Évidemment, c’est un cadeau personnel. On n’offre pas un livre à quelqu’un que l’on connait à peine. Dans ce cas, on offre une boite de chocolats ou des fleurs. Je pense que vous serez d’accord avec moi, on offre un livre à quelqu’un que l’on connait et que l’on aime. Je choisis incontestablement un livre en fonction de la personne à qui je le destine.

Cela m’est arrivé plus d’une fois de prendre le livre pour la personne à qui je souhaitais l’offrir et de l’acheter pour moi. Cela s’est produit assez souvent de me faire aussi ce cadeau.

Quand j’offre un livre, j’essaie toujours d’être dans une certaine actualité. J’ai deux coups de cœur récents. Le récit de Yann Queféllec, sur Florence Arthaud, “La mer et au-delà” (Calmann Lévy). J’ai beaucoup aimé cet ouvrage. J’ai la chance de connaître Yann. Je trouve que ce livre lui va à ravir. C’est un vrai bonheur. Je l’ai offert à ma fille. Et puis, je viens de me procurer “Mais la vie continue” de Bernard Pivot (Albin Michel). Récemment, quand j’ai offert à ma fille, la mer et au-delà, j’ai vu une grande lumière dans ses yeux. C’est un écrivain qu’elle adore en tant que personne et comme auteur ».

Quand j’offre un livre, je dévoile un peu de ma propre personnalité. Je pense que le livre est le cadeau le plus personnel qui soit. Je ne pense pas que l’on puisse offrir un livre dont l’auteur ne plait pas du tout à celui qui l’achète pour l’offrir. Cela me semble impossible. On dévoile toujours un peu de sa personnalité, de son intimité.

MonfortCertains romans de Fiodor Dostoïevski m’ont vraiment ébranlé. Ils m’ont fait entrer dans la littérature avec un immense amour. Il en va de même avec certains romans d’Honoré de Balzac. En matière de littérature, comme dans d’autres domaines, je revendique des gouts assez classiques. J’aime beaucoup la saga des Les illusions perdues et Les frères Karamazov. Ce sont des chefs d’œuvre absolus. Tant d’autres ont ébranlé le jeune étudiant et adolescent que j’étais. Ces auteurs m’ont ébranlé. J’aime bien le mot « ébranlé ».

“Je suis plus un auteur qu’un écrivain”

La littérature est un art irremplaçable. Comme la musique, je ne peux pas vivre sans. Sans rentrer dans des détails trop personnels, les livres font partie de moi. Le livre est, pour moi, vraiment indispensable. N’en déplaise à certains du gouvernement qui, à un moment donné, ont mis les librairies sous cloche en disant que ce n’étaient pas des commerces indispensables. Et je dis bien « le livre » en tant qu’objet. Celui que l’on ouvre avec des feuilles et non pas celui sur internet ou en version digitale. Indispensable !

J’ai parfois un peu de gène à offrir les livres que j’ai rédigé. Je peux en offrir à des personnes très proches. A ma famille par exemple. Je me considère davantage comme un auteur que comme un écrivain. J’ai trop de respect pour le mot écrivain. Je sais rester à ma place. J’ai au moins la satisfaction d’écrire moi-même mes livres. Ce n’est pas si fréquent dans le milieu que je fréquente. C’est la même chose quand un des mes amis publie un livre, je vais l’acheter et, après, me le faire dédicacer. Je n’aime pas me faire offrir un livre d’un ami. J’ai trop de respect pour le travail fourni.

Un écrivain est un de ceux que je vous citais tout à l’heure. Les auteurs constituent 95% de cette profession. Je fais une distinction nette.”

Tous les “Tu vas aimer” d’Ernest sont là.

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